"L'homme est un animal politique parce qu'il est un animal littéraire qui se laisse détourner de sa destination "naturelle" par le pouvoir des mots."(Le Partage du sensible)
"Quelle que soit la spécificité des circuits économiques dans lesquels elles s'insèrent, les pratiques artistiques ne sont pas «en exception» sur les autres pratiques. Elles représentent et reconfigurent les partages de ces activités." (Le Partage du sensible)
"La force d'une pensée tenait plutôt à sa capacité d'être déplacée, comme peut-être la force d'une musique à sa capacité d'être jouée sur d'autres instruments que les siens." (Le philosophe et ses pauvres)
"Une démocratie est d'autant mieux assurée qu'elle est plus parfaitement dépolitisée, qu'elle n'est plus perçue comme objet d'un choix politique mais vécue comme un milieu ambiant."(Aux Bords du politique)
"Il n'y a pas de voix du peuple. Il y a des voix éclatées, polémiques, divisant à chaque fois l'identité qu'elles mettent en scène." (Les Scènes du peuple)
"La politique précisément commence là où l'on cesse d'équilibrer des profits et des pertes, où l'on s'occupe de répartir les parts du commun, d'harmoniser selon la proportion géométrique les parts de la communauté et les titres à obtenir ces parts, les axiaï qui donnent droit à communauté." (La Mésentente)
"L'invention politique s'opère dans des actes qui sont à la fois argumentatifs et poétiques, des coups de force qui ouvrent et rouvrent autant de fois qu'il est nécessaire les mondes dans lesquels ces actes de communauté sont des actes de communauté." (La Mésentente)
"La politique existe là où le compte des parts et des parties de la société est dérangé par l'inscription d'une part des sans-part. Elle commence quand l'égalité de n'importe qui avec n'importe qui s'inscrit en liberté du peuple. Cette liberté du peuple est une propriété vide, une propriété impropre par quoi ceux qui ne sont rien posent leur collectif comme identique au tout de la communauté. La politique existe tant que des formes de subjectivation singulières renouvellent les formes de l'inscription première de l'identité entre le tout de la communauté et le rien qui la sépare d'elle-même, c'est-à-dire le seul compte de ses parties. La politique cesse d'être là où cet écart n'a plus de lieu, où le tout de la communauté est ramené sans reste à la somme de ses parties." (La Mésentente)
"Un sensible est toujours une certaine configuration entre sens et sens."(L'Usage des distinctions)
"Le propre de l'égalité, en effet, est moins d'unifier que de déclassifier, de défaire la naturalité supposée des ordres pour la remplacer par les figures polémiques de la division." (Le Maître ignorant)