Avant Wigwam, il y a eu la revue Foldaan
(poésie,
peinture, chroniques, entretiens...) entre 1980 et 1987.
Un jour, j'ai arrêté pour prendre un peu
de recul et aussi pour consacrer plus de temps à mes
propres textes... Mais l'idée de créer
un autre espace éditorial a très vite refait
surface. J'ai laissé cette idée se décanter
et peu à peu elle s'est précisée
pour aboutir, durant l'automne 1991, à la création
des éditions Wigwam qui publie uniquement des
textes courts, tirages limités à 200 exemplaires.
C'est un parti pris réfléchi. J'aime les
petits formats et je crois que la plaquette a sa place
(à côté du livre) en poésie.
A nous de la rendre attrayante, de soigner l'objet, de
lui donner un caractère original en jouant
sur la maquette, le format, la couleur, la typographie...
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Jacques
Josse, arpenteur de solitudes
Jacques Josse / Brèves de Bruges |

CHANN LAGATU
Journal d'un voyage à pied
le long de la rive sud
de la rade de Brest
en hiver
Par un matin clair, la joie de n'être jamais content de soi.
Gueuler contre le monde n'est pas donné qu'aux goélands.
Les coqs de fumier ont des chants triomphaux qui tracassent
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PASCAL BOULANGER
L'échappée belle
si je vole sur les ailes du souffle j'incline les montagnes
verse les mers franchis fervent avec les fervents bondis sinueux contre les égarés vois ciels vois doigts du ciel tombe et ploie veux élan tremble de tremblements trouve faveur méprise tiédeur nage
dans un baiser
tout le cœur dans un baiser
qui nage
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JEAN-CLAUDE MARTIN
Le beau rôle
Fin de l'été. Le premier rhume m'a pris à la gorge.
Pas grand malheur. La terre tourne. Sans regarder ceux qu'elle écrase. Amis enfuis. Années passées comme le café ... Un jour, le monde tournera sans nous. On sera dans le ventre de la boule. A écraser ceux qu'on n'a jamais vus ...
Au-revoir, nous allions dire au-revoir et nous n'avions rien dit. L'escalier nous attirait dans son vertige. Les mots étaient restés sous la gorge. Quels mots d'ailleurs devait-on dire? Mais, en refermant la porte, la vie nous parut plus vide que la cage d'escalier ...
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JEROME LAFARGUE
L'effacement des potences
Les pendus me sont une compagnie. Ils se balancent au gré des rafales et m'épient le long de ma route.
Je m'arrête un instant, touche leurs pieds froids et gris.
Ici, les gibets ont pour noms saules blancs et peupliers noirs. de temps à autre, un noyer commun, un pommier font valoir leurs droits au festin.
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JACQUES DEMARCQ
Si ma tante
Ma tante a été ma mère et elle se meurt
à l'hôpital tout neuf de Compiègne son coeur
bat autant de vent que le creux d'un vieil arbre
le pied les bras et le tronc imbibés d'eau...
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JOEL-CLAUDE MEFFRE
Respirer par les yeux
Serait-ce comme une impudeur, du haut de ma vivance,
que de me tenir au plus près du gisant avec ce que je
suis par ma respiration visible? Regarder en respirant
n'est pas voir. Ce n'est possible, ayant la dépouille sous
les yeux étendue sur le lit, que si le souffle est suspendu.
Comme si ce suspens-là permettait seul l'approche
intime de la dépouille à jamais distante dans sa toute
distance.
Où le sans-souffle, au gîte du point, est source du souffle
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AMANDINE MAREMBERT
L'ombre des arbres diminue à certaines heures du jour
Elle portera une ombre au fond du bassin
qui grandira au soleil de midi
qui se répandra la nuit tombée
Elle tentera de l'apprivoiser
mais ne pourra s'en détacher
Il lui faudra composer
avec la face cachée de la lune
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LOÏC HERRY
Night and Day
La nuit c'est la nuit qui s'élève et puis ses doigts de froid
La nuit encercle la cité montant des bois d'effroi
Me voici dans la rue plongé dormeur ou vif
Délié de la charge du jour au rythme de mes pas
J'abandonne chez moi le cercle profond du silence
Ma barque s'avance parmi les ténèbres les dieux
Les bandages plâtrés sont ôtés remplacés
En route vers le port où sera caréné le rêve
A l'aube j'ai lu je lirai les annonces classées
Mille mégots seront tendus vers la fin de l'attente
Mille et tous isolés entre le vide et les vitrines
La menace inconnue rampera sous les gestes sourds
A-t-on cloué les portes dans le couloir familier?
Quand la nuit s'achèvera j'irai chercher du travail
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BRUNO NORMAND
Du Contour
jeune corbeau sur un rocher de moules,
une forte lumière sur cette côte
beaucoup marché tous ces jours, trouvé même un soir, à marée basse,
entre les goémons, un morceau de quartz
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MICHAËL GLUCK
Peaux d'lapin
Commencer par la cave.
Les odeurs de la cave.
Terre battue, charbon, buanderie.
Le chant des lessiveuses
avant que linges soient
au lavoir portés.
Tonneau de son, tonneau de blé,
carré de sable fin, humide, onctueux,
où blanchissaient les endives.
Le sang.
Grand-Père rapportait du clapier un lapin, le tenait par les postérieures dans sa main gauche, frappait d'un coup sec, derrière la tête, du tranchant de la droite, soubresauts brefs, puis il pendait la bête à une poutre. Le sang gouttait sur la terre noire, l'ombrait, creusait les ténèbres.
Odeur de sang de la cave.
Parfums de la cendre.
Alchimie de la vie.
Les travaux reconduisent
l'humanité d'un jour
à son lent demain.
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ANNE PESLIER
L'écaille du serpent
le poisson perd l'écaille du serpent
il s'en tire des fanes des fleurs de vieille
peau courroucée force de tirer l'eau en elle
longtemps dans la bouche
elle fouille l'ombre
les quelques voix qui sentent
sa tige courir fendre l'os au vent d'automne
tendre poussière à virer l'âme
dans l'eau de l'arbre le songe reste
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VALERIE ROUZEAU
Apothicaria
A Alvaro de Campos
Avec toute ma gratitude à l'ami Olivier Bourdelier qui m'anagramma mon nom oie rêve à l'azur
Maintenant je regarde les samares tomber des arbres en tourbillonnant
Tomber aussi joliment ce n'est pas donné à tout le monde
Chez Robert j'ai trouvé les samares mais pas de monstres
ni d'encombrants
Je me souviens de ce bouquet d'anémones
J'avais cru que le cœur de mon amant était dedans
La croix verte de la pharmacie clignote en plein jour
énormément
Robert n'est qu'un ami et mon amant m'oublie
Un Mystère
être atteint plein coeur par un poème
Roger Lahu
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DOMINIQUE QUELEN
Le temps est un grand maigre
Souplesse, soupir de toute la matière quand la pluie cesse et que dans la cour en sont à se redresser les arbres, feuille à feuille. C'est là qu'on entend le bruit mou d'un moteur qui a chauffé. Au bord du capot, la main prête à saisir se rétracte. Il y a dedans et dehors à présent. Une fois levé (comme les deux versants de quelque montagne au loin rêvée sous la neige), le bruit du dessous s'échappe. La main fait alors un signe au sens obscur et disparaît. - Et rien ne devrait finir avec elle? Le moteur et l'arbre et la cour sont pourtant la même pièce dans une autre main qui a bougé un peu plus haut.
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ROGER LAHU
"It doesn't stop..."
depuis des jours le ciel roule
insolemment
ses épaules bleu cru
au-dessus de l'ardoise
grise et mince et piètre
des toits voisins
l'ardoise
j'ai pris son parti
sans hésitation
je parie sur son opiniâtre
résistance
je mise tout ce que je ne possède pas
le ciel et son bleu et ses coups d'été vainqueur
il ne fera jamais le poids
il ne tiendra jamais
la distance
je le sais bien
qu'on gagnera par jet d'éponge
pluvieuse d'automne
l'ardoise et moi
sans en tirer gloriole
c'était un combat gagné
d'avance
le ciel bleu cru des étés
c'est qu'un rouleur
de fausses mécaniques
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OLIVIER BOURDELIER
Quitte
Méfiez-vous des oiseaux et méfiez-vous des fleurs
d'aventure suis revenu
maigre nu
dur
mes mains c'est pour rien mes yeux
pleureraient.
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ERWANN ROUGE
L'Ecalure
Pas tout à fait à côté des hommes
pas tout à fait à côté des mots
sur le bord
les déchires du bord
la douceur va peut-être nous sauver
comme un fruit
une graine
sur les commissures du temps
...
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BERNARD BRETONNIERE
Cigarette
Celle qu'on écrase sous la semelle d'un double mouvement giratoire.
Celle qui permet de perforer une feuille de papier.
Celle qu'on rattrape au vol dans la bouche après lui avoir fait exécuter un saut périlleux.
Celle qui refuse de s'évacuer de la cuvette des toilettes malgré deux coups de chasse.
Celle qu'on éteint sous le robinet.
Celle qui enfante dans la nuit un feu d'artifice miniature en rebondissant sur la chaussée quand le conducteur de la voiture précédente l'a jetée par sa vitre.
Celle qu'on tape de l'index pour en décrocher la cendre.
Celle qui tuera.
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MARC LE GROS
Trapani
Ces intermittences où le travail et le calcul, le savoir-faire et le quant à soi rendent les armes sont la providence de l'art. Sur les ruines des savoirs acquis, quelque chose monte alors qu'on n'attendait plus, un vertige très singulier qui n'attire pas l'artiste vers le bas mais l'enlève à lui-même, le soulève, le ravit, et qu'on appelle la grâce.
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NATHALIE BRILLANT
Les Démurs
juste derrière
juste un coup de rame près du
potiron
et l'errance redevient
familière
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LOUIS-FRANCOIS DELISSE
De fleur et de corde
trente neuf ans et dix jours
j'ai
couru après
l'enfant tiède
après
le mince
baiser
qui oblitèrerait la face féroce
du pavé sabot
du buffle figé
entraille
dédiée
dans la
course
au mal trente neuf ans et dix jours
j'ai couru lapidé de l'orbite
et du
démarreur
figé à la
cime blanche de la tremblante jeune
ortie au chant troublant de
dieu-
cimier
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ANTOINE EMAZ
Sur la fin
elle se détache
il n'y a plus guère à parler
on triche un peu on ment
il n'y a peut-être jamais eu
de vraie parole possible...
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HABIB TENGOUR
Césure
Largesses. Tu donnes et tu reçois. Tu relances la donne. Sans arrêt.
Debout.
Turbulence du rituel. Se délester gaiement. Avec ostentation.
Entretenir à bout de bras un feu caduc dans la nuit.
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MARCEL MIGOZZI
Urgence sans lumière
les mots larmoient vers la lumière
tournez la page ayez confiance
dans le verbe revoir
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YVES DENNIELOU
Le Mur de Berlin ou la cueillette des mûres
en Basse-Bretagne
viens me dit-elle
dans les cuisines de formica
mon chant d'inexactitude
par de longs
exercices sur la toile cirée
c'est un peu autobiographique
évidemment
les casseroles et la cafetière bien au chaud
on se rappelle
les débuts du monde écrit
on fait le tour
des procédés
la grande coupure
les conceptions horizontales du temps
j'ai vécu doublement
langue double sujet double
suicide
aujourd'hui il me pousse du poil
sur le bord des mains
dans
les narines
je regarde vieillir mes doigts en écrivant
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JAMES SACRE
Sans doute qu'un titre est dans le poème
J'ai pensé à des petits poèmes
trapus, les vers tous de la même longueur. Une rime comme de
la couleur. Maison qu'on a crue solide au fond du cœur. Plein
de travaux pour vivre ont fait qu'on l'a transformée défaite
c'est vrai qu'elle n'est plus qu'un long souvenir à l'estuaire
du temps. Comme un liquide qui a coulé. Qui dessine sa perte.
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CLAUDE BEAUSOLEIL
L'Urgence des mémoires
le fleuve bleu acier tranche les rumeurs célestes
par les reflets d'une urgence mnémonique
de passage des poètes s'entêtent librement
mot à mot à créer l'énergie de l'errance
la nuit retrouve les spirales de l'ailleurs
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HERVE BOUGEL
De passage
Persuadé des silences futurs, de l'accord des pierres, du flottement des oiseaux sur les rivières boueuses.
Attentif au hasard, guettant les diversions sismiques des îles naufragées.
En voyage, parti, recherchant l'obscur, l'inattendu, les séquestres de la mémoire.
Dérivé, parti.
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JEAN-FRANCOIS DUBOIS
Corbeaux délicieux
Il se détache bien, sur le fond d'une étendue de guérets catalauniques, matelassés par les brumes d'automne matinales. Perché sur une herse entreposée dans un coin. Son cri, que d'aucuns interprètent comme un augure mauvais (les mêmes qui craignent plus les morts que les vivants), anime pourtant, avec une belle pertinence vigoureuse, les lointains boisés qui se dégagent lentement, comme des armées engourdies. Dans un autre règne, il serait, sans honte, fossoyeur : c'est une fonction nécessaire - demandez-vous plutôt qui pourvoit les cimetières, et de quels ventres sortent les bourreaux et les planificateurs de massacres.
(Corbeau)
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JEAN-PASCAL DUBOST
L'Ardoise
sur l'ardoise
l'assiette du jour
trente francs
ne fait pas crédit
mais quel plaisir d'y passer l'éponge
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THIERRY LE PENNEC
Sur la butte
ce sont de longues journées passées
dans l'habitude d'un champ au moment
des lilas que celles que l'on
pose
une à une comme les plants de pommes de terre
aux germes violacés
phallus minces au creux
des mottes édifiées dans le sens
contraire
à
celui de la haie derrière laquelle
un pré de tout son vert apaise le gouffre presque la distance.
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DENIS RIGAL
Estran
Certains soirs de morte-eau
des cris viennent, des voix, exténués;
l'univers
papote, un peu d'écume
jaunâtre aux commissures,
que le vent n'essuie plus.
Soudain, la mer est vieille.
Un jour ou l'autre,
la lune tombera dedans
et tout sera fini.
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JEAN-CHRISTOPHE BELLEVEAUX
dans l'espace étroit du monde
Ambarita
et communion avec le visage du monde: on recourt parfois à des
choses simples comme un paysage de bananiers, des rizières aux
couleurs tendres, et c'est une respiration quiète cette reconnaissance
dans l'altérité, un sentiment rassurant d'appartenance
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Collection Poésie traduite |
CHARLES PLYMELL
Choix de poèmes
Le grand Indien poussa un cri exprimant des siècles de douleur,
entra dans l'allée aux tracteurs de semi-remorques Bulldog.
Jimmy Mammy lui fractura la mâchoire
et stocka de quoi planer pendant des années.
Ronnie prit de l'âge et se fit oublier sous les cieux californiens.
Le Grand Indien était mort, ses yeux troubles
contemplaient les cieux ... à jamais plus vastes
que sa nouvelle terre de lune qui lui refusait
asile et protection contre la grande araignée blanche.
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FRANCOIS RANNOU
Chant populaire breton traduit par F.Rannou
. Le résultat est là, un livre qui n'a pas vieilli, superbe, et c'est la force de François Rannou de s'être emparé du texte de La Villemarqué, de lui avoir subtilement imprimé un autre rythme pour nous obliger à en réentendre la beauté, pour le faire sien dans une succession heurtée d'images violentes. Dans son dernier livre, le monde tandis que (La lettre volée, Bruxelles, 2004), il avait déjà introduit en voix basse des éléments de ses Eléments. Actualisation du vieux chant, pollinisation d'une poésie par l'autre, translation, Rannou nous fait pénétrer dans de nouveaux territoires.
Paol Keineg
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MAURICE KENNY
Humours plus ou moins comiques
AU BAR LA COMETE
Dans le bar
un Mohawk entonne un chant
du tambour qui résonne des bouteilles de bière
aux bocks
de café jusque dans les oreilles,
des pièces dégoulinent dans un chapeau.
Pendant ce temps
dans les toilettes des hommes
au-dessus des urinoirs
placé devant des graffiti et slogans pornos
au-dessus de la
pluie d'urine
un vase d'iris et de chatons de saules
encombre les pisseurs
d'un sentiment de surprise et de joie.
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| Collection Ecrits de Peintres |
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CATHERINE DENIS
Etre tant
Ce qui me fascine le plus, dans l'écriture au pinceau, c'est, je crois, la rupture ... Cet instant si fort où le pinceau ne laisse plus de trace sur le papier, et pourtant le geste continue à se faire, pour que le trait réapparaisse finalement, comme si de rien n'était. De rien n'était...
N'être de rien. Naître de rien.
Partir de rien et revenir au rien.
Le premier « rien» est un « rien frémissant », le second un « rien de plénitude », qui se transforme en un « rien frémissant » ...
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PHAN KIM DIEN
Nulle part...La terre comestible
Maubert-Mutualité (ici, autrefois,
la communauté viêt
en exil fêtait le Têt, nouvel an vietnamien), Paris,
15 mai 1993.
Accepté le fait d'être né de toi ma mère
Accepté le fait d'être le fils de toi, mon père
Accepté le fait d'être citoyen
de toi, Viêtnam (petit pays. Appendice de la Chine?
Excroissance de la France ?) Accepté le fait d'avoir grandi
ECARTELE entre ce qui m'a été appris à l'école
française et ce qui m'est transmis à demeure
Pour définitivement être d'un seul tenant
Vivre consistera (en exil) à part les ARTS: verbes, formes,
couleurs ... etc.
A cuisiner, concocter, dessiner, imprimer ...
Le visage pluriel, métis de PKD fils de l'homme et de la terre
mère.
Phan Kim Dien, né le 15 juin 1946 à Kompong-Speu,
Cambodge. Dans la minorité viet.
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