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L'univers est collectif


JACQUES RANCIERE, dans "Le destin des images".

"La phrase-image c'est un peu de poussière qui brille dans le soleil, une goutte de neige fondue tombant sur la moire d'une ombrelle, un brin de feuillage au museau d'un âne sont les tropes de la matière qui inventent des amours en égalant leur raison à la grande absence de raison des choses. C'est un monde où toutes les histoires sont dissoutes en phrases, elles­mêmes dissoutes en mots, échangeables avec les lignes, les touches ou les «dynamismes» en quoi s'est dissous tout sujet pictural, ou avec les intensités sonores où les notes de la mélodie se fondent avec les sirènes des navires, les bruits des voitures et le crépitement des mitrailleuses...
Tel est par exemple le «profond aujourd'hui », célébré en 1917 par Blaise Cendrars dans des phrases qui tendent à se réduire à des juxtapositions de mots, ramenés à des mesures sensorielles élémentaires:


"Prodigieux aujourd'hui. Sonde. Antenne. Porte-visage. Tourbillon. Tu vis. Excentrique. Dans la solitude intégrale.
Dans la communion anonyme [ ... ] Le rythme parle. Chimisme. Tu es."

"Tout est rythme, parole, vie"


La commune mesure nouvelle, ainsi opposée à l'ancienne, est celle du rythme, de l'élément vital de chaque atome sensible délié qui fait passer l'image dans le mot, le mot dans la touche, la touche dans la vibration de la lumière ou du mouvement. On peut le dire autrement: la loi du «profond aujourd'hui», c'est qu'il n'y a plus de mesure, il n'y a que du commun.
C'est le commun de la démesure ou du chaos qui donne désormais sa puissance à l'art. "




Août 2007 La Lanterne






"Le mélange des textes et de la musiquedevient alors un périple clair et obscur, à la fois léger et furieux, évoluant tout au long du concert à travers des univers personnels et collectifs.
Version du monde et visions de mondes, le concert peut être vu comme un tout à la manière d’une histoire ou d’un film dans lequel l’auditeur est entraîné."


Août 2006 La Lanterne








Zao Wou-ki

"...Guetter
l'infime rupture
dans la clôture..."

 


La Lanterne juin 2005