J’ai rencontré aujourd’hui un mot inconnu
dans la biographie de Blaise Cendrars par sa fille Miriam
où se trouve un extrait du livre célèbre de Remy de Gourmont (que Cendrars admirait beaucoup) « le latin mystique »
et cet extrait comportait une traduction d’un texte de Saint Bernard
dont le dernier mot est : Jocondité
On comprend de suite – si on a quelques restes de latin en tête – qu’il signifie « joie »
Mais j’ai voulu en savoir plus long
j’ai ouvert le petit Robert , rien , le Grand Bob , rien non plus , le Littré , que dalle , le Dubois-Lagane du français classique , rien de rien , deux dicos d’ancien français , toujours rien . Au grands maux les grands remèdes , j’ai été consulté toute une ribambelle de dicos « en ligne » ….
nulle trace de la Jocondité (et , allez savoir pourquoi , je m’imaginais la Joconde se fendant de plus en plus carrément la gueule)
Reste l’hypothèse qu’il s’agisse d’un néologisme de Remy de Gourmont pour traduire au plus prés « jucunditas » (qui existe bel et bien en latin , j’ai aussi ouvert ce brave vieux Gaffiot)
Reste que ce « jocondité » me botte vraiment . Parce qu’immédiatement je lui ai associé le mot « rotondité » . Image mentale d’une rondeur joviale , d’une joie renflée , presque d’une panse rebondie , et – Saint Bernard oblige – d’un moine rabelaisien se « bidonnant » . Quelque chose comme un frère Jean des Entommeures hilare !
Allez , je vous souhaite d’être joconds de temps en temps (et plus si besoin)
(le qualificatif « jocond » ne doit pas exister plus que la « jocondité » : je suis peut-être le premier à l’employer , ah que c’est plaisant comme sensation !)