roger lahu
mai

an 007



mercredi 30 mai

HISTOIRE SANS FENETRE

 

On dirait que ça serait l’histoire d’un homme qui voudrait
Se pencher par sa fenêtre , façon de « prendre l’air » . Mais sa fenêtre , à l’homme , on la lui a ôtée . Elle a disparu . Mystérieusement  disparu .
Alors l’homme en se penchant il se tape la tête contre le mur .
« Aïe » il fait l’homme sans fenêtre .
Et les passants ça les fait marrer .
Parce que , c’est curieux ça ! , de dehors les passants ils voient très bien , par la fenêtre , que l’homme il s’est buté la tête contre son mur .
La fenêtre elle est bien là mais elle n’ouvre plus que sur le dedans .
L’homme il a une bosse sur le front . Il va dans sa salle de bain , ouvre sa petite armoire à pharmacie  , prend une bouteille d’élixir du suédois et se frotte le front . Ca le soulage .


Mais il manque toujours d’air .
« Où elle est cette putain de fenêtre ? » il grommelle .
Il entend comme une sorte de ricanement narquois derrière lui .
Il  se retourne . Mais il n’aperçoit que son reflet dans la glace de l’armoire à pharmacie .
Ca le trouble assez . Pour se donner contenance il l’essuie , la glace , avec une serviette éponge parce qu’elle est mouchetée de petits taches .
« C’est pas drôle » il pense .
« Tout ça » il ajoute .
Et il va pour sortir « faire un petit tour » dans son jardin mais plus de porte .
Alors , « pour le coup » , l’homme , il s’effraye .
D’autant que derrière le mur , à l’emplacement de la porte , il entend comme des grattements de griffes , de plus en plus violents .
« Bon dieu ! c’est au moins un ours ! » qu’il se dit . Il a perdu ses repères , parce que des ours , en Anjou , c’est rare . Il est vraiment  tourneboulé .
Appeler à l’aide ? il n’y pense même pas . Il sent que ça serait « peine perdue » . Ils arriveraient trop tard et ils ne comprendraient pas où est le problème , son problème . Il sait qu’il doit faire face , seul , à « la situation » .
Alors  vite vite il met en marche son ordi , il ouvre son traitement de texte , la page blanche sur l’écran , lumineuse , vierge comme un champ de neige , le rassure , vite vite ses doigts courent sur le clavier :

« on dirait que ce serait l’histoire d’un homme qui …. »

mercredi 23 mai

Une  vie proche  des monstres

quel drôle de corps
à gauche en sortant
de ma cuisine
(pour aller sous l’auvent de tôle
et le petit jardin hirsute)

des cœurs  mais
d’artichauts
des têtes mais
en « fromage »
et une « maïn »
sur une bouteille d’eau pleine
de sable

oui vraiment quel drôle
de corps  à gauche
du seuil de ma maison

je ne savais pas que je vivais
si près d’un monstre

je n’en frémis nullement
d’effroi
oh que nenni

mais de satisfaction
minime
et cependant  essentielle

23/05/2007 19:00

samedi 19 mai
UN JARDINIER RECALCITRANT  !

SAMEDI 19 MAI   à la UNE de LIBE : Ouistiti 1er  presque hilare entouré de son « équipe » de ministres . Sourires de tout ce beau monde enchemisé bien propre  , maroquiné de neuf  . Dans les pages intérieures portraits de tous ces joyeux futurs « liquidateurs » plein de projets , de chantiers , etc etc

Et puis , page 26  , un gros titre : GRAINE DE RESISTANCE
Accompagné d’une photo d’un homme pas hilare du tout , pas souriant du tout
Chemise  largement déboutonnée , cheveux en pétard
On le devine en pétard itou le bonhomme !

Le paysagiste Gilles Clément explique qu'il annule ses engagements avec l'État. Décision dictée par l'élection de Sarkozy, qu'il juge porteur d'un projet néfaste pour la planète.

Sa radicalité détonne dans le paysage français, où les frontières politiques s'amollissent jusqu'à faner. Vendredi, le paysagiste Gilles Clément, intervenant aux 46e Journées des plantes de Courson (Essonne), a transformé sa conférence en manifeste politique. Une déclinaison du communiqué figurant sur son site web (1) depuis l'élection présidentielle. Le théoricien du «jardin planétaire», créateur du parc André-Citroën ou du jardin du musée du Quai-Branly, annonce qu'il annule «la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français, à l'exception des instances officielles ou non officielles où, de façon avérée, s'établit la résistance». Explications du jardinier-écrivain, dont le dernier livre s'intitule Une écologie humaniste 

Pourquoi cette prise de position publique ? 
Je refuse de cautionner un projet qui va dans le sens d'une destruction de la planète et n'est pas conforme à ce que j'estime humainement acceptable.


            Pour en savoir plus allez sur le site de Clément
http://www.gillesclement.com/

Qu’est ce que ça fait du bien ! et que cet homme là soit un jardinier rajoute je ne sais quoi au plaisir que j’éprouve .
Dans le numéro de printemps d’une revue que je concocte avec deux amis (elle s’appelle LIQUEUR 44)  je rends compte de ma lecture d’un de ses merveilleux petits bouquins .

 

Traité succinct de l’art involontaire – Gilles Clément

Gilles Clément est ingénieur horticole, paysagiste et écrivain.
Dans la préface de son « traité » il écrit : « Pour qui sait bien regarder tout fait art. La nature, la ville, l’homme, le paysage, l’air du temps, ce qu’on appelle humeur et sur toute chose enfin la lumière. »
Et il rajoute : « Cet art peu estimé car non prémédité flotte à la surface des choses… privé de consistance utile, personne ne peut le tourner à son profit car il n’appartient à personne ». (Cela pourrait, soit dit en passant, être une merveilleuse définition possible de la poésie).
Et Clément conclut : « c’est un état d’être, éphémère et subtil. Une lumière parfois. Avant tout c’est un regard. »
L’œil de Gilles Clément, grand voyageur et grand regardeur,  est toujours aux aguets : il sait voir, avec une extraordinaire acuité.
Une clôture par exemple, entourant un golf en Afrique du Sud  (« un grillage à mailles courtes » précise-t-il)  qui capture des centaines de sacs en plastique multicolores provenant d’un township voisin.
Un vieux  baril rouillé, cabossé, dans le lit d’un torrent (Saint Veran –France)
Une pierre dans le désert (Maroc)
Des stères de bois en Australie : « tas de bois qui avait produit en dessous une immense flaque noire dans laquelle il se réfléchissait ».
Le « traité succinct d’art involontaire » est une collection (classée)  de ces « regards » jetés, véritables petits poèmes en prose (mais sans aucune « poétisation » du réel observé) accompagnés de petits croquis extrêmement dépouillés et de quelques photos.

Éditions Sens & Tonké 

Lundi 14 mai
PAR LA FENETRE
(3)

On balance ! on liquide !

Ouistiti 1er , « chef oui chef ! » ,  je te signale qu’il y a une bande d’hédonistes post-soixante huitards qui sévit ces temps derniers  au sud de notre « doulce France » ! que des jouisseurs sans entraves ! des « tout est permis » ! des « rien à foutre des pavés on a la plage juste sous nos fenêtres d’hotels trois étoiles ! »
Vite vite Ouistiti  the first  sors le Big Karcher ! nettoie nous vite ces racailles là avant qu’elles se mettent à vomir  sur la voie publique : parce que  2 Tonnes de homard et 15OOO boutanches de champagne  ça peut faire gerber !

Moi , ça me fait gerber !
(et il y a parmi ces bouffeurs de homards à la pelleteuse et buveurs de champ au pipe line des mecs qui vont râler contre le « piratage » des films  sur Nenet , comme quoi ça ruinerait leur petit commerce , les empêcherait de vivre , les réduirait à la misère ! pis que Cosette , quand on les écoute !)

Dimanche 13 mai
PARFOIS UNE COQUILLE

Dans l’intitulé d’un mail provoque  l’éclosion d’un œuf
La coquille se fend et  un poussin pousse son petit cri
C’est un souvenir qui surgit  soudainement . Un souvenir oublié , bien évidemment .
Ainsi , récemment , lisant le mot « photograpiques » , j’ai ,  immédiatement , par je ne sais quel hasard , entendu et vu  «  grappe exquise » !
C’était un terrible gros jaja qui tache que  buvait autrefois mon vieux père . Litrons « à étoiles » , il fallait garder les boutanches , elles étaient « consignées » .
J’ai aussitôt eu envie de chercher sur Nenet si je pouvais trouver quelques traces de ce vin là (à chacun sa madeleine de Proust !) .  Et  j’ai très vite trouvé une merveille . Sur un site consacré exclusivement  aux peintures murales !
http://lesmurspeintsmurmurent.typepad.fr

 


La photo (prise à Serrières – Saone et Loire) est superbe et le texte qui l’accompagne  m’a remis en mémoire cette « affaire » lointaine de « l’arabe noyé dans la cuve de vin » :  forcément , je suis maconnais de naissance et vivais à cette époque lointaine chez papa-maman à Macon !  Terre de Lamartine … et de « la grappe exquise » !

Ecoute le cri des vendanges
Qui monte du pressoir voisin,
Vois les sentiers rocheux des granges
Rougis par le sang du raisin.

a écrit le vieil Alphonse qui est né à Milly et mourut à Saint Point . Et qui a beaucoup écrit sur la nostalgie , le temps perdu , le souvenir  (l’extrait ci-dessus est tiré de « la Vigne et la Maison » où il se lamente – comme à son habitude ! – sur la perte de la vieille maison familiale.) (je ne lui donne pas tort au demeurant : c’est terrible de perdre une maison chargée de souvenirs )
Et « le cri des vendanges » … oh que ça me rappelle  « des choses » (d’un temps , pourtant pas si lointain , où les vendanges étaient encore occasion de tablées énormes et ripailleuses , de grands rires et de grands baffrements ! et le « sang du raisin » ne coulait pas à ces occasions là  de bouteilles « à étoiles » ! que « du bouché » et du bon !
Me sens d’un coup d’humeur très lamartinienne ! j’arrête ici sinon je vais comme Alphonse me mettre au lamento nostalgique  en alexandrins !

Note topographique : à l’époque où old Dad buvait l’affreux « grappe exquise » il travaillait dans une entreprise  dont les ateliers se trouvaient quai ??? … je vous le donne en mille ! …..Lamartine !

Titi Robin par Davodeau

vendredi 11 mai
PAR LA FENETRE !
on balance ! on liquide !

 



(2)
Niko le Oustiti a dit

« il faut LIQUIDER l’héritage de 68 »

Donc moi Père (Lah)Ubu  je lui donne un coup de main ! allez à la trappe ! à la trappe ! les malpensants ! les attardés mentaux !
Et je dénonce deux gars de mon village : Rablay sur Layon , Maine et Loire . Ce sont deux affreux ! des mecs dangereux !
L’un, Thierry Titi Robin , est musicien . Rien de grave jusque là . Mais il s’évertue à jouer des instruments bizarres et pas de chez nous : du oud , du bouzouq , par exemple . Et il s’entoure systématiquement de comparses basanés : des gitans , des indiens , des roumains etc etc . Rien que de la racaille émigrée ! Et il s’en vante en plus , le bougre :

  LE METISSAGE

On me demande parfois pourquoi j'ai « métissé » ma musique: C'était il y a plus de vingt ans, et je ne cherchais pas à m'évader mais au contraire à aller simplement au plus intime, sans détour. Cette musique, c'est mon univers, le reflet de ma vie. Voilà tout. Je cherchais à rassembler les morceaux épars de ma conscience et de mes sens, à exprimer le sentiment d'un homme qui veut embrasser le monde les yeux ouverts et qui ne craint pas les morsures du feu. Ses peines, ce qu'il imagine de l'amour, puis ce qu'il en fait, ses souvenirs heureux ou amers qui lui collent au train, le goût de la beauté, le prix d'une vie debout, voilà ce que raconte ma musique. Parfois, j'ai besoin de cette solitude secrète qui me lie au' oud, au bouzouq ou à la guitare ; puis j'ai le désir du chant, de la fête, et nous nous retrouvons autour du compas, au sein du groupe, et la nuit alors n'en finit pas. S'il y a toujours eu sur scène autour de moi des Français, Gitans et Orientaux, c'est parce que tel est mon milieu de vie et que lui seul me procure l'équilibre pour vivre et survivre.


 

http://www.thierrytitirobin.com/
et voila ce qu’on peut lire sur lui

Quand d’autres rêvent de faire leur trou dans le paysage musical ou de bâtir pierre par pierre un succès massif, Titi Robin, lui, a donc préféré chausser des semelles de vent et se laisser entraîner par son inspiration vagabonde. A son propos, on répugne à parler de “carrière”. Car il a accompli bien mieux que ça : un parcours musical qui est aussi une trajectoire humaine, suivant ce flux incessant d’émotions et de désirs qui font l’inestimable prix d’une vie libre. “Pour gagner la vie, avancer, il faut sans arrêt pouvoir quitter quelque chose ou quelqu’un, ou soi-même. La vie est un éternel exil.” Inutile de dire que ce constat-là, décliné avec une infinité de nuances tout au long de Jivula et Anita !, n’appelle pas la tristesse : il est au contraire le prétexte d’une fête dont les échos n’ont pas fini d’ensorceler nos cœurs et nos esprits.

 

http://www.franchuta.info/

 

L’autre affreux , c’est Etienne Davodeau . Dessinateur de BD qui au lieu de se contenter de Titeufferies vulgaires et stupides  pond des albums consacrés aux luttes syndicales en pays de Mauge ou à Brest après guerre !  Si  encore ces Bd documentaires étaient chiantes , ça irait , mais cet abominable là a un tel talent qu’elles sont passionnantes (et drolement émouvantes) (et sacrément réchauffantes)

À propos de « les mauvaises gens »

Quelle était votre ambition de départ ?
Mon ambition était de dessiner le portrait des gens parmi lesquels j'ai grandi qui étaient (qui sont !) syndicalistes et militants ouvriers dans une région catholique et conservatrice. Leur histoire correspond à une époque charnière du XXe siècle, où cette petite province française, paysanne depuis toujours, s'est industrialisée en quelques années. Le patronat local disposait là d'une main d'œuvre très jeune, peu formée, malléable et travailleuse. Parmi ces ouvriers et ouvrières de même pas 20 ans, des gens ont décidé dans les années 50, de militer, de créer des sections syndicales. Pourquoi ? Comment ? C‚est la question que je me suis posée. Deux de ces jeunes gens allaient devenir mes parents.
40 ans plus tard, je ne suis donc pas allé chercher mes témoins très loin.
Un combat comme la lutte syndicale fait-il encore écho aujourd'hui ? Comme pour Rural ! mon intention était surtout de raconter une histoire vraie en bande dessinée en partant de ce principe : la vie quotidienne est constituée par essence d'histoires à raconter. C'est une question de regard. Lors de mes recherches préalables, je me suis aperçu que toutes ces luttes, dans cette région en particulier, n'avaient presque jamais été relatées. Elles sont locales, bien sûr, mais elles parlent d'individus qui, collectivement, essaient d'échapper à une condition qu’on leur impose. En cela, elles sont universelles et intemporelles. J'espère avoir pu le mettre en évidence.
Lecteurs, à vous de me le dire.
Interview © Éditions Delcourt 2005

 

http://www.etiennedavodeau.com/


Critique de « un homme est mort » parue dans bdparadiso
   http://www.bdparadisio.com
1950, la guerre est finie depuis cinq ans. De Brest, il ne subsiste plus rien. Des bombardements massifs et des combats acharnés de presque un mois ont anéanti la ville, son port, son arsenal. Brest est un désert. Il faut tout reconstruire. 1950, Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne, ce sera Brest-la-Blanche, qui deviendra très vite, Brest-la-grise. Des milliers d'ouvriers travaillent sur les chantiers. 1950. C'est la grève. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement. De violents affrontements surviennent lors des manifestations. Le 17 avril, le drame se produit. La police tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé. Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest (il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre). René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain, ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé. Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil. En s’attachant à la véracité des évènements, en respectant la paroles des témoins, Kris et Étienne Davodeau nous redonnent de l’espoir en l’homme et à sa faculté de tenter de se faire maître de son destin.

 

JOHNY LE SUISSE OUI !
TITI ROBIN le gitan angevin  NON !  

Les conneries TITEUF OUI ! 
DAVODEAU NON!         
                
                    

mercredi 9 mai

PAR LA FENETRE !
on balance ! on liquide !



(1)

Niko le Oustiti a dit
« il faut LIQUIDER l’héritage de 68 »

YES MAN ! liquidons liquidons !
Je me propose d’être (auto-proclamé) grand adjoint du liquidateur ouistiti en chef , surtout que j’ai désormais un super t Shirt collector de l’année Jarry à Laval
Je vais te suggérer des liquidations dear Niko , au fur et à mesure que ça me viendra .
Tiens , par exemple , liquidons Moe Tucker ! (parce que je viens de la revoir en video .)
Ah la salope ! née en 44 , batteuse de rock , avec ce groupe de dégénérés notoires qu’étaient les membres du Velvet Underground  ET … et …..
Rends toi compte , Ouistiti liquidateur , en 1993  elle jouait  encore avec eux , sur scène , à Paris en plus ! au lieu de faire des confiottes genre « ma Mamie fait les meilleures confitures du monde » (voix insupportable d’un de ces chiards de publicité) elle percute debout (toujours) ses caisses pour accompagner l’autre débile hurlant qu’il était addict à l’hero ! et elle sure comme un camionneur, son T shirt en témoigne , et elle prend visiblement un pied d’enfer (qu’elle n’aurait pas pris en faisant des confiottes pour un chiard à voix de pub)
Allez zyoup ! la Moe Tucker , on liquide , « A LA TRAPPE ! A LA TRAPPE » (et on y jette en même temps Lou Reed et John Cale) (même si ce sont des amerlos , t’inquiète pas Ouistiti , ça va pas facher ton pote texan , ils ont jamais voté pour lui)

MIREILLE MATHIEU  OUI  MOE TUCKER NON !

 (et pour faire bonne mesure liquidons itou l’abominable  PATTI SMITH , encore une vieille bonne femme absolument indigne !)
(dont le dernier disque « Twelve » est une merveille , notamment la reprise de « smells like  teen spirit » de Nirvana )

 



 

mardi 8 mai
tieqa (pl.: twieqi)
c’est le mot « FENETRE EN MALTAIS

ET A  MALTE IL N’Y A PAS QUE DES YACHTS DE 60 mètres
Il y a aussi  des poètes 
Le plus célèbre est

Oliver
FRIGGIERI
traduction en français
de
Martine VANHOVE

L'étranger
L'étranger transporte dans sa sacoche la solitude,
comme lui, elle connaît le chemin, et les amoureux
qui ne voyagent jamais seuls la transportent aussi.
A l'est comme à l'ouest, il salue d'un mot,
et les gens, à l'est comme à l'ouest, passent leur chemin.
Il n'a rien à déclarer à sa descente
d'avion, n'a rien de suspect,
sans passeport, sans argent, avec un billet open,
il laisse pendre sa sacoche sans la lâcher,
et ajoute à chaque voyage une solitude nouvelle
qu'il serre avec celles amassées auparavant.
S'il est arrêté
il sait se défendre
selon le traité des nomades sans famille,
sans nation, sans état civil.
Dans chaque aéroport, le fripier de la solitude
agrandit sa fortune exonérée de taxes.

La porte est fermée
Si le soir tu ouvres ton coeur tout grand
j'entrerai souvent chez toi la nuit et j'y dormirai.
Si toute la nuit tu fixes les étoiles
c'est qu'elles te parlent la langue des secrets.
Et si tu passes les heures éveillée, tu entendras
dans le silence battre le coeur de l'univers.
Ne sois pas surprise : écoute bien et tu comprendras
que les deux coeurs battent au même rythme.
Tu auras trouvé la porte du mystère fermée,
à la porte désormais plus personne ne passera.
Souviens-toi du chemin pour pouvoir revenir.

ANALPHABÈTE
Analphabète, avec ces mains qui tremblent
j'ai tiré de sa place le livre de l'univers
pour en lire les pages jaunes sous la lampe.
Analphabète, j'en lis les mots et je trébuche,
je bégaie et j'ânonne sans comprendre.
Analphabète, je perds espoir, avec mes doigts
mordus entre mes lèvres, je le referme,
J 'éteins doucement la lumière et m'endors.
Analphabète, je rêve d'un enfant qui pleure
à jamais collé à ses examens.
Indifférent, le globe tourne et tourne,
et me transporte en lui, hébété, analphabète.

C'est une comédie

L'heure descend droit sur ma tête,
la blessure me touche au coeur et le transperce,
ainsi doivent toujours se clore les sombres drames,
on tire les cordes du rideau de scène,
puis on rallume les lumières du théâtre.
Une vieille copie entre les mains, l'acteur habituel
connaît chaque mot et chaque mouvement.
La représentation est sans couleur et sans surprise.
Le directeur bâille et s'étire,
l'auteur hausse les épaules et tète un cigare,
le public applaudit toujours au bon moment,
le portier attend le moment de partir.
C'est une comédie qui naurait jamais dû se jouer.
Autres  textes à lire à l’adresse :
http://www.interromania.com/baratti/intertestu/sunta/friggieri/puema/pagina01.htm

 

en langue maltaise
 «Reġel kellu biss żewġ titfal. L-iżgħar qal lil missieru : “Wasal iż-żmien li nkun raj tiegħi ‘nnifsi u li jkolli l-flus ; u li nkun nista nitlaq u l’inżur pajjiżi oħra. Aqsam ġidek u tini sehmi.” – “Ibni, qal il-missier, kif trid ; inti mqareb u tkun ikkastigat !” Minnufiħ, fetħ kexxun, u qasam li kellu fi tnejn.» (Parabole de l’enfant prodigue)
[Traduction : Un homme n’avait que deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Il est temps que je sois mon maître et que j’aie de l’argent ; il faut que je puisse m’en aller et que je voie du pays. Partagez votre bien, et donnez-moi ce que je dois avoir !” – “Ô mon fils, dit le père, comme tu voudras ! Tu es un méchant et tu seras puni !” Et ensuite, il ouvrit un tiroir, il partagea son bien et en fit deux parts.]
L’histoire ne dit pas si le fils  paya ou non des droits de succession !! et s’il avait assez pour s’offrir un yacht de soixante mètres

 

NOTE LEXICALE IMPORTANTE SI VOUS ALLEZ UN JOUR à MALTE
TIRE-BOUCHON ça se dit  trabuxxun

 


lundi 7 mai

FENETRE  , LE LENDEMAIN



Aujourd’hui lundi  (lendemain d’un dimanche , comme d’hab , rien n’ a changé )

Je me suis levé à 6h30 comme d’hab , rien n’a changé

J’ai fait une toilette de "vieux " chat  et me suis pshitté un peu de sent-bon dans la barbe (comme d’hab)

J’ai bu mon bock de café , fumé mes premières Winfield , sous l’auvent de tôle face au jardinet (comme d’hab) en repensant  au merveilleux film de Wenders que j’ai revu hier soir à partir de 8h05 ?  ("don’t stop knockin " ) et me suis dit : « tiens , les femmes dans cette histoire sont vachement plus costaude que les hommes » (la mère , la femme , la fille surtout : ah qu’elle est choucarde – et faut le faire quand on se trimballe avec une poterie bleu vif qui contient les cendres de sa mère)

Je suis allé bosser , comme d’hab et rien n’avait changé : Kevin n’avait bien sur pas fait son boulot , Marina ne pigeait toujours rien à rien , Gaelle n’arrêtait pas de papoter , Dylan avait son habituel petit air inquiet , Adelaïde perdait ses moyens dès qu’elle ouvrait la bouche , Quentin refusait de bosser , Marine  avait un bon quart de seins à l’air , Morgane et Clara se sont bien souvenu de la notion d’élipse dans un roman etc etc comme d’hab

Ma jeune collègue Claire était morte de trouille parce qu’elle allait être inspectée et on a fumé nos clopes sur le parking , comme d’hab

Je suis rentré à 17H et j’ai bu un bock de café  et j’ai demandé à ma femme : « ça a été aujourd’hui ? » et elle m’a répondu que oui et qu’elle avait écouté Mermet et que c’était très intéressant , comme d’hab

Je suis monté dans mon antre et j’ai été faire un petit tour vers Portnawack , comme d’hab

Et  je me suis dit que ça avait été un lundi très ordinaire , même pour un lendemain de ….

Sans « rupture » à signaler . 

IL nous a donc déjà menti !

Tiens , ce soir je vais me revoir King Kong : façon de me faire vraiment peur ! parce qu’un petit ouistiti –même encravaté – qui se tape sur la poitrine avec ses petites pattes et en hurlant «I am the King ! »  ça ne peut quand même pas vous fiche la pétoche , NON ?

 





ANNEE 2007: mois: Janvier/février , mars , avril



ANNEE 2006: mois: janvier , février , mars , avril , mai , juin , juillet , août-septembre , octobre , novembre , décembre.

ANNEE 2005: mois: novembre, décembre