roger lahu

juin - juillet

an 007

 

© R.L. .



 

mardi 3 juillet
AH ! ENFIN UN POEME pleinement REUSSI !

Ah magie oh merveille ! 
Vidé , exténué , excédé , fatigué , moulu, vermoulu , etc etc je vais  « partir en vacances » après demain . Vaquer dans l’espace – temps vacant !  me vider ! m’évider ! me soustraire ! tendre vers le zero ! ne rien faire ! alors vraiment rien ! mais avec une infinie patience et minutie ! me reposer ! laisser se reposer ! laisser tomber ! laisser choir ! m’asseoir ! m’étendre ! devenir flaque ! m’étaler ! m’aplatir ! me diminuer !
Bref , tout ce que vous savez qu’on aime non-faire pendant la vacance estivale !
Auparavant  je me suis dit : « range un peu ton bordel » . Le bureau , le vrai , celui où se sont empilées les piles , de livres , de papiers , de revues , de tout et de n’importe quoi . Qui croulent , s’écroulent , s’éboulent ! ad nauseam …
Et puis le « bureau » sur l’écran . J’ai cliqué , appuyé sur la touche suppr. , « déplacé vers » tel ou tel dossier (mais le plus souvent « vers » la poubelle , mon « icône » préférée) .  Dans un des « dossiers »  « poésie » j’ai , par curiosité , « ouvert » quelques « fichiers » .  Ce sont , à notre époque , ce qu’ils sont devenus , les poèmes : des « fichiers » . 
L’un de ces « fichiers » avait pour titre : « EVIDENCE » . ce qui m’a un peu troublé .



Je l’ai ouvert  et …

 

  rien ! une page blanche !
Ah quel bonheur ! ah quel enthousiasme ! ah quel orgueil !
Je m’apercevais que j’avais ces derniers mois écrit  au moins UN excellent poème !
Un poème « évident » , absolument « évident » , j’irais même jusqu’à dire parfait !
Et je l’avais oublié .
Ce me requinque magnifiquement cette découverte ! ça me réconforte ! ça me défatigue ! je me sens prêt à « partir en vacances » , je sais qu’au moins une fois cette année j’ai été efficace , pertinent , que j’ai atteint un essentiel .
Que j’ai pleinement réussi un poème .
Je vais précautionneusement éviter d’en écrire d’autres cet été , vais faire un grand plein de vide , pour reprendre les forces nécessaires à l’écriture  l’automne venue  d’un autre poème parfait .

mercredi 27 juin

OH ! EST-CE SON NOM « MALICE », CELLE LA QUI ÉCRIVIT  EN BLEU
Sur une porte vieux rose  délavé (les  roses ont tendance assez à perdre leur couleur, de nos jours plus encore qu’au « vieux temps » du petit père Ronsard)
Que « MAI 68 REVIENDRA »


(Mais que disent les « tags » qui l’accompagnent ?  J’aimerais croire qu’ils « répondent » à « Malice » et lui disent, par exemple : « oh ! Jeune Malice ! Espère donc d’autres printemps ! Qui seront les tiens  et profites en avant que de perdre ton éclat et ta fraicheur, les « vesprées » viennent vite ! Fais fissa princesse ! » (Ou quelque chose dans ce « style » la)
You have nothing to fear.
For the dreams that came to you when so young

Chante Nick Drake dans l’impérissable “Cello song” que j’écoute en cet instant (nul ne me croira mais c’est pourtant vrai)
Seules les malicieuses « Malice » ont droit d’écrire – sans qu’on puisse les contre-dire qu’un Mai quelconque reviendra.
(Et peu importent les poubelles de l’Histoire – et des voiries ordinaires –)


mercredi 20 juin
DOIT ON MURER  CERTAINES FENETRES ?

Je suis embrassé . Embarrassé « aux entournures » , comme on dit .
J’ai lu récemment quelques phrases qui m’ont  énormément réjoui . J’aimerais d’autant plus les « mettre en ligne » qu’il y ait question d’une fenêtre .
Où est le problème ?
Je vous explique : il y a quelque temps , si vous avez eu la curiosité d’ouvrir « l’onglet »  « mots de passe » sur  ce site  richissime qu’est Lieux-dits (ça  c’est gâterie verbale pour ma webmastrice préférée ! ) vous avez dû lire une citation d’un dénommé Albert Parraz . Personnellement j’avais « tiqué » en lisant ce nom et avais fait part à Françoise de mes réticences : Parraz , pote de Celine , a plus que flirté avec l’extreme droite  jusqu’à la fin de sa vie dans les années 5O . 
C’est la vieille question éculée de « l’homme et l’œuvre » : doit on jeter aux orties une œuvre  si son auteur a été un coquin , voire pis un beau  fumier ? Pour Parraz  le problème n’est pas d’importance : ça n’est qu’un tout petit petit très petit ! (en revanche pour Celine , auquel je voue une admiration littéraire sans bornes , la question  est d’importance !)

Revenons aux phrases que j’ai tant aimé lire récemment . Elles ont été écrites par Knut Hamsun , on peut les lire dans « PAN » (écrit  en 1894 , Hamsun avait 35 ans)  . Cet immense écrivain norvégien (que j’ai découvert naguères  à cause d’Henri Miller qui le vénérait)  a obtenu le Prix Nobel en 1920 . (et à cette date il n’avait pas écrit encore certains de ses chefs d’œuvre , je pense à « Vagabonds » par exemple) .
Le blème , big one ! , c’est qu’en 40  (il a alors plus de 80 balais ) Hamsun n’a pas caché son admiration pour Hitler (non qu’il ait admiré le petit moustachu en lui-même , mais de fumeuses considérations sur la Grande Germanie )  et à la fin de la guerre il s’est fait sérieusement secouer les puces malgré son grand âge (qui ne constitue aucunement une excuse quelconque) .


Donc   ( !!!???) puis-je être en accord (total) avec ce qu’a pu écrire Hamsun , sachant qu’il a été sérieusement étrillé par les tribunaux d’après guerre pour ses prises de position pro-nazie ?
Je ferai juste remarquer ça : « Pan » a été écrit par un encore jeune homme de 35 ans , peut on le rendre coupable « retroactivement » des errements du vieillard qu’il sera ?
Voila donc ce qu’il écrivait  alors :

« Peu importe qu’il pleuve ou que l’orage gronde , ce n’est pas cela qui compte , il arrive souvent qu’une petite joie s’empare de vous par un jour de pluie et vous entraine à vivre à part avec votre bonheur . On se redresse alors , on se met à regarder droit devant soi, de temps à autre on rit en silence et on jette les yeux autour de soi . A quoi on pense ? A un carreau clair dans une fenêtre, à un rayon de soleil dans ce carreau, à une vue sur un petit ruisseau et peut être à une déchirure bleue dans le ciel . Pas besoin que ce soit davantage . »

     Je trouve que cet « pas besoin que ce soit davantage » est – paradoxalement je le concède volontiers – carrément  enthousiasmant . 
À lire sur la Toile , par exemple , ce point de vue dans « la revue des ressources »


 

samedi 16 juin
UNE BELLE HURE DE SANGLIER

Accrochée , en trophée , à un mur , peut faire penser .
J’aime assez penser « à partir de » trucs aussi improbablement susceptibles de faire penser qu’une hure de sanglier accrochée à un mur .



Penser est , sans doute , un trop grand mot pour définir ce qui ressemble plus à une rêverie dérivante (comme on dit de certains flets de pêcheurs) .
Hure donc , disais-je , de sanglier .
Certains , face à cette hure-là,  d’emblée y voient  horrible et quasi fasciste carnage , chasse-pêche & tradition ! Haro sur le prédateur ! le tueur ! le massacreur !
Je n’ai jamais , de ma vie jamais , je le jure , jamais chasser , ni même connu de chasseur .
(j’ai beaucoup pêché , je l’avoue ! mais écoutez donc  la chanson du pêcheur dans le CD du même nom de Charlélie Couture  et vous comprendrez aisément qu’un pêcheur n’est pas foncierement un mauvaiZhom : relire aussi de nombreux poèmes chinois classiques)
Mais , une hure de sanglier  n’arrive pas , vraiment pas , à me faire tourner les sangs , de rage écologiquement correcte .
C’est trop bon à manger un civet de sanglier (et encore plus de marcassin)  préparé dans les règles de l’art  (pour le coup , le jeu de mot éculé « de lard » convient absolument)
D’un côté (lequel ?) « chasse-pêche & traditions »  ça m’insupporte (euphémisme) horriblement , d’un autre (mais lequel ?) j’aimerais beaucoup que , par je ne sais quel hasard , monte, ici et maintenant, de la cuisine ce cri glorieux : « Roooooger !!!! c’est chaud ! «  et découvrir une vaste cocotte où fumerait une odoriférante daube de sanglier (et mieux encore , de marcassin).
(petite précision gastronomique – et politique ??? – hier j’ai fait un repas somptueux : un artichaud acheté sur le marché et deux œufs à la coque - avec des mouillettes de pain au beurre salé – précision superfétatoire !!!)
Est-ce penser , ça qui précede ? Non !  juste , vaguement ,  dériver  (et les mailles du filet sont si larges que même le menu fretin arrive à s’ensauver) (merde ! parce que la friture ça aussi , qu’est ce que c’est goûtu !)

Civet de sanglier mariné au vin rouge
(un poème de première bourre !!!!!!!)

 

Ingrédients :

- morceaux de sanglier (côtes, bonne viande, rognon, épaule désossée, mais ajouter l'os) coupés en morceaux (quantité selon le nombre et l'appétit des convives)

Marinade :

- 1 bouteille de vin rouge (à utiliser pour moitié dans la marinade, pour moitié en fin de recette)
- vinaigre
- 2 carottes
- 2 oignons
- 1 branche de persil
- 1 branche de thym
- 1 feuille de laurier
- 1 douzaine de baies de genièvre
- 1 dizaine de grains de poivre
- 1 branche de céleri
- 2 échalotes
- 4 gousses d'ail
- sel

Hachis :

- jambon cru
- poitrine (salée, poivrée)
- oignons
- ail
- sel

Pour flamber :

- armagnac


Préparation :

Faire mariner pendant 48 h des morceaux de sanglier dans le mélange des ingrédients (sauf armagnac).

Faire revenir les morceaux de viande dans de la graisse.
Ajouter le hachis fait avec du jambon cru, de la poitrine (salée, poivrée) des oignons de l'ail sel.

Faire cuire à couvert, et flamber la viande avec de l'armagnac.

Arroser de vin rouge enflammé à hauteur, et laisser mijoter 2 h 30 à 3 heures.

 

 

mercredi 13 juin
BETES  BESTIAUX ON MACHE ET REMACHE

Les mots
Jusqu’à n’en plus savoir quel goût ils ont  « au juste »
Ce qu’ils disent , veulent dire , ou même ne disent pas (tout en le disant quand même) (ça s’appelle « connotation » ça : pour faire un peu mon savant )
Il ya quelques minutes , fumant un clope sous l’auvent , devant le jardinet , je me suis « dit : « Pouh ! le temps est lourd ce soir ! »
Et alors , stop ! , arrêt , non sur image mais sur « mots »  (on devrait  bien plus souventes fois faire ainsi des « arrêts sur mots » , dits  ou ouïs) .
Drôle en effet cette expression : « le temps est lourd » , non ?
On sait tous « ce que ça veut dire » , mais si on s’arrête un peu pour mieux écouter ce que ça dit , c’est bizarre .
J’ai repensé au célèbre : « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » de Charly Baudelaire . J’ai regardé le ciel , n’avait pas l’air d’un couvercle (ni de cocotte en fonte rouge , ni de wok , ni ce cocotte « minute ») l’était tout bêtement gris , mais avec comme un  glacis  jaune vert pâle .


En revanche  qu’est ce que  les capucines pétaient la couleur : orange vif sur vert vif .
C’est drôle comme souvent  , quand le « temps est lourd » , les fleurs pètent plus encore , de toutes leurs couleurs , que quand le temps est « frais » !  c’est pourtant , les fleurs , des machinchouettes légers comme tout ! La lourdeur du temps les fait-elle s’alléger encore plus de leurs couleurs ?  ou , au contraire , le  temps leur pesant  « dessus »  , suintent-elles plus leurs couleurs comme une huile  (essentielle , bien sur) ?
« Le temps est lourd » , on étouffe un peu , ça veut dire , on a envie de fraicheur .
D’une « vague bleue » ? 
Parce que « vague bleue » , quelle fraicheur immédiatement ressentie ! 
Alors que …………………………………………… !!!!!!!!!!!

PC  envie d’une voix fraiche  en remontant dans mon antre aux écritures : donc FEIST sur ma sono .


brochette pour Caton

Nous sommes dans l'Holocène depuis 10 000 ans.
Son nom dérive du grec holos, « entier(ement) » et ceno, « nouveau ».
Au cours de l'Holocène, le Sahara se transforme en désert, la dérive des continents est négligeable pour une aussi courte durée : moins d'un Km., les chevaux et les chameaux disparaissent de l'Amérique du Nord et les mammouths et les tigres à dents de sabre, de la Terre...

"Nous sommes dans l'holocène depuis 10 000 ans."

….   Et l’homme apprend à dresser les chevaux et les chameaux
Et l’homme apprend à forger des épées de fer pour les brandir en galopant
Et l’homme apprend à remplacer ses chevaux galopant par des hélicoptères Blackhawks
Et ses sabres par des missiles  à têtes multiples
Et…

L’homme aime tout  ce qui « entièrement nouveau » pour se désennuyer
L’homme  transformerait volontiers la  Terre en désert pour se divertir , il ferait dériver les continents jusqu’à leur foutre mal au cœur pour se divertir , il assécherait volontiers les océans  pour se divertir
Il va même finir par y arriver

Nous sommes dans l'Holocène depuis 10 000 ans.

Alors il s’impatiente l’Homme :
« Passons vite à autre chose
Changeons  de chaine, de programme ,
On veut du neuf ! 

Allez allez allez plus vite plus vite plus vite !
Et que ça saute ! »

Roger Lahu (Jeudi 7 juin )

 

 

mercredi 6 juin

COMMENT UNE PHOTO

peut-elle vous « plaire » alors que ce qu’elle « présente » , « re-présente » , montre,  vous est détestable ?
Leurre ?
Cache-misère ?
Embellissement  factice ?
Tricherie ?
Oui peut être .



Mais , en même temps , non .
Grande perpléxité . Comment s’en sortir ?  accepter qu’une image magnifie le réel environnant c’est admettre toutes les tromperies  « visuelles » contemporaines . Toutes les manipulations . (que certains poussent fort loin pour paraitre plus grand que nature , par exemple) .
Mais refuser à un photographe (ou à un cineaste , un peintre , un poète) le droit  de dé-former le réel , de le transfigurer , de le manipuler , c’est leur ôter toute possibilité « d’intervention » comme le disait Henri Michaux : cette liberté absolue et absolument necessaire , indispensable , de mettre du chameau sur la grand place d’Honfleur .
Oui vraiment , cette photo me laisse songeur . 

samedi 2 juin
G8  avec mur autour (et mucho pesetas inside !)

Come you masters of war
You that build all the guns
You that build the death planes
You that build the big bombs
You that hide behind walls
You that hide behind desks
I just want you to know
I can see through your masks
Bob Dylan (Masters of war)
Dans le monde, le G8 ne recouvre que 13,5% de la population mondiale, mais il produit les deux tiers des richesses du monde.


2004

Population

Richesse produite

PIB/hab.

Millions

%

Milliards $US

%

$US

Monde

6 345,1

100,0

39 833,6

100,0

6 277

G8

855,6

13,5

29 129 (2006)

65,7

30 577

États-Unis

293,5

4,6

13 192 (2006)

30,5

41 400

Japon

127,8

2,0

4 405 (2006)

11,9

37 167

Allemagne

82,6

1,3

2 889 (2006)

6,2

30 133

Royaume-Uni

59,4

0,9

2 370 (2006)

5,1

33 946

France

64,0

0,9

2 229 (2006)

4,7

30 978

Italie

58,7

0,9

1 837 (2006)

3,8

26 104

Canada

31,9

0,5

1 256 (2006)

2,3

32 921

Russie

142,8

2,3

951 (2006)

1,9

5 187

Principaux pays vendeurs d'armes


Pour les contrats signés en 2004, les principaux pays vendeurs d'armes sont [1] :

Pays

Valeur en dollars

Part de marché

États-Unis

12,4 milliards

33,5%

Russie

6,1 milliards

16,5%

Royaume-Uni

5,5 milliards

14,9%

France

4,8 milliards

13,0%

Israël

1,4 milliards

3,8%

 

À voir le film “Lord of War” d’Andrew Nichol , avec Nicolas Cage en vendeur d’armes international :  c’est moins chiant qu’un discours altermondialiste et tout aussi efficace !




ANNEE 2007: mois: Janvier/février , mars , avril, mai



ANNEE 2006: mois: janvier , février , mars , avril , mai , juin , juillet , août-septembre , octobre , novembre , décembre.

ANNEE 2005: mois: novembre, décembre