roger lahu

janvier

2008

 

© R.L. .


mercredi 30 janvier

FENETRE SUR FEU
(mais on voit plus le feu)
(et ça coule tout noir)

Y a des jours , comme ça , où y a beau dire beau faire , pas fastoche de voir « la vie en rose » ! Passons outre les soucis usuels , glissons rapidement sur les blêmes ordinaires , dédaignons les emmerdes potentielles ou avérées : ce n’est pas ça qui , ces jours là , vous noircit la vie .
Non ! c’est qu’il fait froid : normal ! me direz vous (si vous existiez quelque part) c’est l’hiver !  Ouaip , d’acccord ! mais alors , les jours d’hiver quand il fait froid on aime bien se mettre auprès  d’une cheminée . Ou de ce qui en tient piètre lieu : un « insert » .
Y en a un dans la maison où j’habite , d’insert . Il a une vitre , comme tout « insert » qui se respecte . On devrait , par cette  vitre , y voir « le feu » . Mais , en fait , on n’y voit que dalle  (ou « que du feu » ! ce qui est un comble , non ? ) . En quelques heures , après la corvée dominicale (à chacun ses messes) ,elle  s’obscurcit , s’opacifie , se noircit . la vitre de ce fuckin’ insert , fenêtre à travers laquelle on devrait voir le feu . Et se réchauffer les mirettes .
(et c’est important ça : quand on a les yeux réchauffés à un feu , on a beaucoup moins froid au reste )
Donc , et d’une , je ne vois que rarement  mon feu à travers la fenêtre de mon insert , et , deuzio, depuis quelques jours , cet insert là est devenu , comment dire , énurésique . Il pisse du noir ! (faute à des buches pas assez sèches ? sans doute , mais quand même ! ça n’est pas une raison necessaire et suffisante de faire pipi noir sous soi , quand on est un insert de bon aloi !)
Résultat : non seulement je ne « vois pas » le feu , mais en plus ce que je peux voir c’est une flaque noirâtre qui s’étale sur le carrelage (blanc , « qui plus est » !)
Y a de quoi vous fiche …. le blues !

mardi 29 janvier

ah ces drôles
de petits bruits assez
bizarres  - comme crissements de dents
de couteaux très dentés- que  font les jours
d’hiver quand ils tombent
dans leurs nuits  froides
en guise de couettes

vont peu dormir
oh poor old days of mine

sweet dreams?  je n’ose
le leur souhaiter

mais peut être sont ils accoutumés 
les jours d’hiver
à ces sommeils glacés ?

font ils des rêves
boréaux ?

il y a toujours des aurores
même en hiver

tant pis pour les pare-brise
recouverts de glace
et les corvées adjacentes

on espérera encore

un peu


dimanche 27 janvier

Je prends mon quart
(et n’y’a pas de « fenêtres » sur un bateau mais des « hublots » )


 

m’étonne encore & toujours
cet « à la longue »
ce vaille qui m’aille
même peu ou pas ou prou

vois pourtant  très
nettement (suis en vigie
au haut de mes mâts)
les icebergs  aux alentours

mais ne puis m’en désoler
j’y mets des singes
jacassant éperdument
sur ces glaces flottantes

en guise d’orchestre
mortuaire

et fonce aux cambuses
intérieures
pour me réchauffer
« les sangs »

 

***
mes poèmes à peine
en ai-je aperçu  oh de très loin
la mâture ou le bout d’une voile
ils coulent ils sombrent
sont  ensevelis corps et biens

et quand j’arrive sur les lieux
du naufrage
ne flottent ça et là
que des espars  brisés
quelques filins  des bouts des drisses

 

la mer ricane rauquement
sale gueuse

jamais je ne sauve
un homme  d’équipage
ni moi

27 janvier 2008



CHOSES QUI ONT SAUVÉ (ou du moins  « rattrapé » ) CE JOUR

Je relis souvent les « notes de chevet » de.Dame Sei Shōnagon, J’aime énormément ces listes de « choses qui … »


Et me suis dit ce soir que , tiens pourquoi pas , ce serait une chouette idée , de garder trace de ce qui  chaque jour , oui ! chaque jour ! (je suis un incurable pessimiste lucide , id est : un optimiste narquois) a sauvé le dit jour . Ce qui a pu me sauver  ce jour . Le « rattraper » . Avant qu’il ne plonge dans l’oubli et ne me plonge dans cet ordinaire désespoir fade que laisse l’arrière-goût des jours qu’on a vécu .
Aujourd’hui cette « chose » qui m’aura sauvé le jour  ( y a pas photo ) ce sera la voix fluette mais assurée d’une chtiote  pitchoune de 6eme « récitant » un poème de Claude Roy   (voix unanimes  de ses copines : « M’sieur elle a 10 ! » ) (elle a eu … 10 , j’pouvais pas mettre 100 !)

« mon enfance habita une demeure d’eau
En amont  le moulin    long rémouleur de l’eau
faisait vibrer sans fin son plancher de bois blanc
la grande roue à aube éclaboussait le temps
dans sa cage de pierre où s’engouffrait l’eau vive
L a poussière de farine tremblait dans le soleil
Et sur l’île en aval la maison de l’éclusier
ouvrait et fermait le chemin des gabares

J’avais dix ans
Depuis longtemps déjà
je me savais mortel
J’étais très étonné
Cette façon qu’a l’eau de couler dans le  noir
Cette façon qu’a le sang de glisser dans le temps    (…)

Y a longtemps que je n’ai plus dix ans ! et que je me sais mortel ! mais YA BASTA ! ce jour ci je me le sauve !  n’est pas Dame Sei Shonagon et n’est ce pas Claude Roy (traducteur émérite de ces chers vieux poètes chin’tok) ? n’est ce pas que c’est en  « se sauvant »  chaque jour après chaque jour qu’on arrive à supporter le glissement des eaux et des sangs dans le noir du Temps ?

(note :  mais une « autre chose » m’a bien aussi « sauvé «  ce jour : l’enthousiasme d’un vieil ami venu boire le café at home et  s’exclamant : « ah dis donc ! j’ai lu un bouquin vraiment génial ! » Alexis Zorba ! »)


dimanche 13 janvier

« carpe diem » bling-bling


 

À ma Hublot Big Bang King en or et céramique
Il est 18h54
À ma Oris TT3 Formula Gold Edition limitée à 300 exemplaires pour le 30ème anniversaire de Williams F1
Il est 18h55
À ma Chanel « J12 » : première montre icône du 21ème siècle
Il est 18h56
À ma Omega Speedmaster Professional : l'une des montres les plus mythiques au monde
Il est 18h57
À ma Nautilus Patek Philippe : 30 ans et toujours aussi moderne et séduisante.
Il est 18h58
À ma Navitimer de Breitling : la montre préférée des aviateurs depuis 1952
Il est 18h59
À ma Oyster de Rolex : peut-être la plus mythique de toutes...
Il est 19h
À ma Reverso de Jaeger LeCoultre : 75 ans et toujours aussi jeune et belle
Il est 19h02
À ma Royal Oak d'Audemars Piguet : la première montre haut de gamme sportive en acier
Il est 19h03

 

13/01/2008 19:08:25  en écoutant (je le jure ! « now » du Hadouk Trio)


vendredi 11 janvier


mercredi 9 janvier
IL Y A LONGTEMPS J’AI LU

« le sentiment tragique de la vie » du philosophe espagnol M de Unamuno  (pas du genre à porter des « spanish boots of spanish leather » )  
Je me souviens que ça m’avait beaucoup plu
Et de la couverture (rouge) de la collection « idées gallimard » (me souviens aussi que cette collection de poche devait être mal imprimée : les livres , très vite , se cassaient et les pages se décollaient)
De quoi « parlait » ce livre , je ne m’en souviens plus du tout !  (« la  KKKultur c’est ce qui reste quand on a tout oublié » , qui a dit ça ? je l’ai oublié itou) (je deviens de plus en plus cultivé )
Aujourd’hui j’aimerais plutôt lire :
« le sentiment comique de la vie »
« le sentiment pataphysique de la vie »
« le sentiment  rockandrollique de la vie »
« le sentiment  tabagique – actif !-  de la vie »
Enfin , des livres  « de ce genre »
Heureusement , on a Nenet  à portée de clavier , pour se faire sourire les mandibules . Par plaisanterie hasardeuse j’ai « demandé » à mister google   « sentiment tragique de la vie » , mais uniquement « images » . J’ai  obtenu (entre autres) celles  là !  

Qu’en conclure ?  « le sentiment nenetique de la vie » n’est pas si « tragique » que ça ?
Faut-il pleurer ou rire ?
(« mieux vaut de ris que de .. etc…. » ah quel malheur qu’old folk Françouais the Rab n’ait pas été connecté sur Nenet !)


mardi 8 janvier

LE PÈRE NOEL M’A APPORTE

Un chouette livre :  « Poèmes » de Nakahara  Chûya . Né en 1907 , mort tout jeune en 1937 , il est considéré comme le « Rimbaud japonais » . D’ailleurs il traduisit les œuvres d’Arthur (qui devient « Ramboo » en nippon ) mais aussi Verlaine .
Parmi  les photos que contient cette édition (chez Picquier bien sûr ) une a retenu mon attention .
Celle de la pièce (un « pavillon de thé ») où, précisément, Nakahara Chûya  traduisit Rimbaud .
Elle me fait beaucoup rêver cette photo . Avec ses fenêtres typiquement nippones d’antan . En papier .  Comment , par quelle magie , l’auteur a-t-il pu , dans ce cadre , avec ces fenêtres autour de lui , se mettre dans l’état d’esprit de l’autre fou dingue d’Arthur ? D’un côté cet environnement  zennissime , de l’autre l’explosion infernale , illuminante  du « Voyant » ! Sacré hiatus !

Quels poèmes écrirais-je si  j’étais dans ce « pavillon de thé » ?   (aucun si on ne pouvait y boire que du thé ! )
Une chose est certaine , j’aurais bien aimé écrire les dernières lignes  d’un long poème de Nakahara Chûya  « la voix de ma vie » :
« Pour peu que vers le soir, minuscule sous le vaste ciel, je puisse sentir le monde, je n’aurais alors aucun sujet de me plaindre »
(« minuscule sous le vaste monde » : qui pourrait faire passer ce message à Sarky the Sarkoo ? )


samedi 5 janvier
JE N’ACHETE JAMAIS


JE N’ACHETE JAMAIS

Mes cigarettes par « cartouches » (je laisse à ce cher vieux  Langlois « roi sans divertissement » le courage spectaculaire de fumer une « cartouche » de dynamite en guise de clopes , un soir d’hiver , sur une étendue virginale de neige)

Mais pour une fois  , si !

(pas « si j’ai fumé une cartouche de dynamite »  - comment pourrais-je m’être « raté » et écrire ensuite  ces lignes ?)

Mais si , pour une fois j’ai acheté mes clopes – des paquets de 30- de marque (australienne) (pays des  abos  rêveurs de pistes)  Winfield

Et je viens de lire , sur l’emballage , en grosses lettres   (ILS écrivent plus gros sur les cartouches que sur les paquets) (qu’est ce qu’ils sont basiques !)

FUMER CREE UNE DEPENDANCE NE COMMENCEZ PAS

Ç’est drolatique assez de lire cet avertissement sur une « cartouche » de clopes !

Sur un paquet de P4 d’antan ça aurait été compréhensible , mais sur une « cartouche » de paquets « de 30 » !  (à ce niveau là de stupidité  c’est touchant !)

Et lisant cette injonction je me suis dit que

LIRE/ECRIRE DE LA POESIE CREE UNE DEPENDANCE NE COMMENCEZ PAS

Et que

AIMER QUELQU’UN (ou qu’une) (mais une seule) CREE UNE DEPENDANCE NE COMMENCEZ PAS

Et que

FAIRE DES GOSSES CREE UNE HYPER DEPENDANCE NE COMMENCEZ PAS !

Et que , in fine

VIVRE CREE UNE SACREE FUCKIN DEPENDANCE NE COMMENCEZ PAS !

En revanche  mourir ne crée aucune dépendance ! c’est « vite réglé » !

Surtout si vous fumez une cartouche de dynamite un soir d’hiver dans un champ de neige ! (et de quelle victoire ?)
Ah la la ! on « dépend » de tellement de trucs ! on est « bien peu de choses » !

Ça me donne envie d’aller
… m’en griller une !


1 janvier 2008
JANUARIUS

tourterelles  pigeons
et vous merlettes  geais  pinsons
et  rouges-gorges  et mésanges
et vous piafs en volées volubiles
vite vite
conchiez je vous en prie
conchiez
les têtes du vieux Janus

qu’il hume
l’odeur  toujours neuve
de la  vie
et s’en réjouisse


 

ACTU-LAHU
LIQUEUR 44



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