Il y a déjà une semaine au moins un ami m’a envoyée trois fenêtres par mail .
Trois photos .
Trois fenêtres qu’il avait « croisées » sur son chemin .
L’une d’entre elles avaient tout particulièrement retenu mon attention : vieille fenêtre médiévale sur le rebord de laquelle était posée une citrouille . C’est le « lieu » où mon ami l’avait vue qui m’avait intrigué : Saint Cirq la Popie . Je n’y suis jamais allé et je ne situe même pas où cette ville (ou village) se trouve .
Mais , comme on dit , « ça me disait quelque chose » . Mais quoi ?
Il me fallut plusieurs jours , car j’y repensais régulièrement , pour , clic fiat lux ! , pour que ces mots « saint cirq la popie » déclenche en moi un furieux déboulé de souvenirs .
Breton ! André Breton !
J’ai illico été vérifié cette intuition : j’ai un rayon très très fourni sur le surréalisme dans ma bibliothèque . Jeune étudiant j’avais été en effet soulevé d’enthousiasme par les écrits de Breton et de ses compagnons .
Oui c’était bien ça : Breton avait acheté une maison à Saint Cirq la Popie dans les années 5O .
Dans l’affaire j’ai repris certains de ses livres et en ai relus quelques pages . Et me suis souvenu du choc perturbant qu’avait été la découverte de l’incipit de « L’Amour fou » :
« Boys du sévère, interprètes anonymes, enchainés et brillants de la revue à grand spectacle qui toute une vie,sans espoir de changement, possèdera le théâtre mental, ont toujours évolué mystérieusement pour moi des êtres théoriques, que j’interprète comme des porteurs de clés, : ils portent la clef des situations (…)
à l’époque je n’avais strictement rien pigé à cette phrase - aujourd’hui non plus d’ailleurs – mais j’avais été extremement troublé par sa « musique » étonnante .
Et il y a aussi cette merveilleuse formule finale de la lettre qu’André Breton écrit à sa fille qui venais de naître : elle commence par « Chère Ecusette de Noireuil » et se clot par
« je vous souhaite d’être follement aimée »
Que souhaiter de plus à ses enfants ?
Si ? peut-être ce que sa mère demande – dans une lettre aussi - à Angelo Pardi « le hussard sur le toit » de Giono : « as-tu bien fait des folies ? »
être follement aimée ou faire de belles folies : voila de splendides recommandations , non ?
Plus « judicieuses » en tous cas que : «passe ton bac d’abord » «ouvre un livret A » « pense à ta retraite » !!!!!
note : j’ai perdu la « fenêtre » de Saint Cirq la Popie : cela n’a guère d’importance , ce qui compte c’est l’air frais qu’elle m’a permis de respirer !