TU ECRIS ?
cette question (en lettres majuscules , qui plus est) en fin d’un mail d’une plus que grande amye
me perturbe les tuyaux neuronaux depuis quelques jours (ce qui est , je le reconnais volontiers , moins « inconfortable » que d’avoir d’autres tuyaux perturbés , par une bonne gastro par exemple) (et cette parenthèse ouvre déjà, mine de rien , mon débat intérieur ) (j’écris donc je chie ? je chuis donc je crie ? premier plaisir des mots , premier beau pouhème : « caca boudin » ? )
tu ECRIS ?
oui , tous les jours , tout le temps
des centaines de mots écrits en rouge ou noir sur des centaines de copies : « attention à la longueur et à la ponctuation de tes phrases » « excellent travail TB compréhension du texte »
des mots sur des paperolles posées sur les tables « 21 : EDF »
des mails (de deux lignes à deux ou trois pages)
des « titres » sous des « dossiers » : Pocketful of Miracles / you.cant.take.it.with.you.(1938).fre. /argumentation et théâtre classique / Hozan nouveautés .docx etc
des lignes et des lignes de « messages » ou « commentaires » sur des blogs amis
mais ce n’est pas à cela que pense ma plus que grande amye quand elle me demande : « tu ECRIS ? »
et sa question me perturbe
c’est ce qu’on appelle en grammaire une « interrogation absolue » , c'est-à-dire une question à laquelle on ne peut répondre que par oui ou non
est ce que j’ECRIS , d’autres « choses » que ces écrits ordinaires , sous entend sa question
des trucs « littéraires » quoi ! des poèmes (puisque je suis « homologué » en tant que capable d’écrire ça , des poèmes)
et je n’arrive pas à décider si OUI ou NON
parce que, des poèmes , on peut en écrire , sans les ……….. écrire
on peut se les penser dans sa tête (dans les tuyaux neuronaux ci avant mentionnés) , sans les « écrire » , noir sur blanc , sur une page de « carnet d’écrivain » ou sur l’écran de l’ordi , ou sur un coin d’enveloppe qui traine dans le coin etc etc
on peut même se les corriger dans son coin d’enveloppe cérébral
les poèmes qu’on écrit sans les écrire noir sur blanc
sans forcément les « enregistrer »
sans forcément les « copier/coller » sur papier ou écran ou coin d’enveloppe
OUI , finalement je vais me décider , il faut parce que ça me perturbe cette question : « tu ECRIS » , OUI , j’écris .
ah ! Ça soulage !
note facétieuse : mon « correcteur d’orthographe » me propose , quand il « lit » le mot « amye » , cette correction « amyle » . J’ai été vérifié et j’ai lu en me marrant:
Rem. 1. Syntagmes. Acétate d'amyle, azotite d'amyle, iodure d'amyle, nitrite d'amyle, salicylate d'amyle (cf. Méd. Biol. t. 1 1970). 2. Attesté ds la plupart des dict. gén. 3. Dér. Amylène, subst. masc. ,,Produit obtenu par déshydratation de l'alcool amylique et qui possède des propriétés anesthésiques analogues à celles de l'éther`` (Mots rares 1965; cf. aussi Deschamps D'Avallon, Compendium de pharmacie pratique, 1868, p. 636). Amylique, adj. Qualifie une substance qui renferme le groupement amyle; alcool amylique, alcool obtenu par fermentation de la fécule de pomme de terre ou de céréales : ,,Les couches d'alcool amylique sont séparées par centrifugation, combinées, mélangées avec 1 ml d'éthanol ...`` (M. Privat de Garilhe, Les Acides nucléiques, 1963, p. 53).
« Ah que diantre » me suis-je pensé (oui oui ! toujours via les mêmes circuits neuronaux sus mentionnés) (ils servent à tout) : « seule une grande amyle – obtenue par fermentation de la fécule de pomme de terre !!! – pouvait te poser un question pareille : TU ECRIS ?