roger lahu
avril

an 007



Jeudi 26 avril

LES MOTS

GROUILLENT
De partout
Blattes
blattes
blattes
Invasion

(remember : WS Burroughs fut « notamment » exterminateur de vermines : aujourd’hui il serait dépassé par la tache à accomplir : ça grouille de partout la vermine  verbale , ça suinte de toutes parts , ça discourt de partout , parfois même peur qu’en tirant la chasse d’eau des chiottes « ça » se mette à jacasser )
Pour tenter de me rassurer  (ce grouillement m’effraie de plus en plus) j’ai capté des  mots amis dans mes alentours immédiats
Comme autant de

grigris
protecteurs

Un temps , un petit bout de temps , ils m’ont apaisé

 


 


Lundi 23 avril

Récemment, un vieil ami très cher , mais « perdu de vue » comme on dit (il arrive qu’on se perde de vue , dans la vie, qu’on s’éloigne , sans qu’on le veuille , le décide , ni même qu’on s’en aperçoive . Un jour , comme ça , on se dit : « tiens ! on ne se voit plus ») (c’est triste)
Un vieil ami donc , qui avait une des bibliothèques les plus fournies (et que du premier choix) a décidé de se séparer de la plupart de ses livres . Il a décidé d’en donner un grand nombre . A des personnes dont il savait qu’elles seraient émerveillées par ces dons . Ainsi mon fils a-t-il hérité de dizaines et de dizaines d’ouvrages qu’il a choisis selon son gout .
Ce week end il est revenu , le fils , à la maison , pour voter . Dans son sac à dos il y avait un des livres . Il me l’a donné à son tour : c’est le seul Brautigan que je n’ai pas (mais je l’ai lu en bibli) : « Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus » : œuvre de toute prime jeunesse  de ce sacré Richard .  Mon vieil ami perdu de vue a écrit sur la première page : « à Sam , que j’ai connu quand il avait 4 ans : my god ! » .

Je viens d’ouvrir ce livre au hasard . 
Et – ô magie ! – il y a une FENÊTRE qui s’ouvre dans le poème de Brautigan (vous pouvez vérifié , c’est à la page 51) :

Il pleut

La pluie
crée
sa ville iréelle,
construisant
 ses maisons
 et ses rues
 et ses gens.

 

Le pluie
 crée
sa ville irréelle
rapidement
                     délicatement

 

…et
 un petit garçon
 regarde par
la fenêtre
 et dit
« Maman il pleut »

Mais
 la mère du garçon
 ne l’entend pas
 à cause de la pluie .

 

Autrefois , ce même cher et vieil ami a beaucoup peint .
Un jour il a décidé de se débarrasser de toutes ces œuvres . Il les a brûlées.
J’avais eu le droit – je crois être le seul – d’en choisir une avant l’auto dafé .
Je la regarde tous les jours en descendant un escalier de ma maison . Elle est sur un mur pile en bas de l’escalier . Je le regarde comme une sorte de fenêtre .  Souvent je souris en la voyant . Peut être que la vieille godasse peinte , c’est une petite pointure , qui est collée au centre , aurait pu appartenir au petit garçon du poème de Brautigan ?

Pourquoi écris-je « peut être » : je rectifie . Elle a appartenu au petit garçon du poème , la vieille godasse peinte et collée sur la toile de mon vieil ami « perdu de vue » .


jeudi 18 avril
20h07

"Le poète n'est pas seulement celui qui parle, il est aussi celui qui écoute. Il est saisi par l'exigence du dialogue: dialogue avec le lecteur, anonyme et collectif le plus souvent..

Lis-je en « ouvrant » la fenêtre « éclats de lire » de la chatelaine de ces « lieux-dits »
Citation de Cornelius Castoriadis (que je n’ai jamais lu , alors que j’ai dévoré avec délice « Le mystérieux docteur cornelius » de Gustave Le Rouge   (dont Cendrars  a « extrait » des « poèmes » pour prouver à Le Rouge qu’il était vrai poète et que la poésie n’était pas forcément … mitée aux vers !!!)
Cette citation , bien sur , me parle , me dit des choses . Et dans le même temps je me dis aussi que c’est pure parlotte !
Écrire un poème c’est simplement faire un petit pipi verbal , pour marquer son territoire . Le délimiter . Façon de croire qu’on en a un , de territoire perso , arbitrairement délimité par cette petite giclette verbale .
Pas de quoi en faire un plat , de la poésie !
Ou alors  un plat un peu creux : un urinoir ! ready made , évidemment !
Ceci est écrit sans nul souci de dérision .
Juste pour que ce soit écrit , simplement .
Et parce que je suis certain que ce Cornelius C là (bonhomme plus que louable au demeurant) n’a pas écrit de poèmes , sinon il aurait su que  « exigence du dialogue » c’était bien trop grands mots pour définir la poésie .
Petit pipi vous dis je . (c’est peut être pour ça qu’autant de poètes – de longue date – picolent aussi allègrement ? ) .

« Tout droit
             Un trou (j’ai pissé)
                                   Dans la neige dehors »     (Issa)

(traduction deMaurice Coyaud – Fourmis sans ombre : la seule et unique et définitive anthologie de haiku lisible)

Cendrars , le cher Blaise , intitula « Kodak » ces poèmes « instantanés » . La firme du même nom lui intenta procès et les poèmes sont désormais édités sous le titre « documentaires » . Tout poème devrait être ainsi « titré » : document instantané , momentané , d’un vague état d’une vague âme (inexistante au demeurant ) autant dire , j’insiste : juste un petit pipi verbal !

 


 

dimanche 15 avril

UN POEME ça peut-il n'être qu'une petite fenêtre

où l'on se penche et où - vertige ? glissade ? chute soudaine ? -  on ressent soudain le besoin de se cramponner ferme parce qu'on sent qu'on lache ses prises usuelles ?

adresse des éditions Potentille : 2 rue du Platane - 58160  La fermeté
et le livre de Migozzi ne "coûte" que 5.5 euros !
(mais ce qu'il vous "rapporte" à le lire , ça ne peut pas s'estimer ! sauf , précisément , "à l'estime" , à cette mesure là je dirai : "il vous rapporte gros" )



LE CHÂTEAU  & LA LUNE  &  LE DOIGT  & les fenêtres

On connait cette maxime zen du doigt qui désigne la lune et qu’il ne faut pas prendre pour la lune elle-même .  (erreur qui s’exprime sous nos latitudes par l’expression « se foutre le doigt dans l’œil jusqu’au coude » (variante fréquente : « jusqu’au trouduc ») .
Il semblerait que quelques « visiteurs »  en promenade dans « Lieux-Dits » commettent une  big mistake : je , moi-même personnellement , Roger Lahu , ne suis en aucun cas l’architecte et bâtisseur  du « site »  : je ne suis qu’un petit employé , une petite main (avec des doigts qui tapent sur le clavier) et je ne fais qu’ouvrir de termps en temps un petit fenestron , une petite lucarne , un œil de bœuf ! (parfois il m’arrive de regarder la lune  par cet œil là  et je me mets à beugler comme un veau qui a perdu sa mère ).
D’ailleurs , ami visiteur , si tu lisais attentivement Portnawak  (le jeudi 12 avril par exemple) , tu lirais des phrases comme
j'ai hâte de m'acheter des godasses demain à Saint-Brieuc, et des boucles d'oreilles, et du parfum "Allure" de Chanel
Cette phrase   , conviens-en ,  aurait tout de même quelque chose d’assez surprenant  sous la plume (les doigts sur le clavier) d’un  quinqua père de famille chauve et vastement barbu ! Bien qu’on ne puisse jamais savoir en toute certitude ce qui se  cache sous les apparences . Un crâne éminemment chauve et une barbe abondante peuvent  n’être que des leurres !
Néanmoins , qu’on se le dise clairement : « lieux-dits » est le site perso de Dame Françoise chatelaine d’une hospitalité sans limite qui accueille en son domaine peintres , musiciens , poètes , philosophes , cuisiniers , marchands des quatre saisons etc etc   (n’y manquent que des ratons-laveurs mais ça déplairait sans doute au chat Caton , le félin de ces « lieux-dits » )




1 avril

Si , petit, les mots
« squaw »
« papoose »
« teepee »
Ne t’ont pas fait frémir
Comme la corde
De l’arc de Sitting Bull
Ou (plus tard) d’Ulysse

Alors
T’es mal
Empenné*

*empenner [Spene] v. tr.
ÉTYM. 1080; de em- (en-), penne, et suff. verbal.
v
¨ Garnir (une flèche) de plumes, d'une empenne*.
 1  La nièce de Chactas empennait des flèches avec des plumes de faucon (…)
Chateaubriand, les Natchez, ii, p. 105.
¨ Figuré et rare :
 1.1  Il chancela, le cri des femmes l'empenna de deux dards au long desquels son sang et toute sa vie chaude coulèrent.
J. Giono, Naissance de l'Odyssée, Pl., t. I, p. 93.

empenné, ée p. p. adj.
¨ | Flèche empennée (→ Atteindre, cit. 1).
 2  Cette flèche empennée et armée d'une pointe d'or, toujours en l'air et n'arrivant jamais au but, faisait l'effet le plus singulier, était comme un triste et douloureux symbole de la destinée humaine, et plus je la regardais, plus j'y découvrais de sens mystérieux et sinistres.
Th. Gautier, Mlle de Maupin, vii, p. 151.
¨ Blason. Dont l'empenne est d'un émail particulier. | Flèche d'or, empennée d'argent.
¨ Par plais. è Emplumé.
 3  (…) on le convia à suivre les obsèques du capitaine de La Hure qui eurent lieu discrètement dans une chapelle de la cathédrale. Le colonel de service n'avait mis que le tiers de ses décorations. Madame de La Hure et les cinq filles du capitaine de La Hure étaient là, empennées de noir.

Jacques Laurent, les Bêtises, p. 56.


ANNEE 2007: mois: Janvier/février , mars



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ANNEE 2005: mois: novembre, décembre