2012
Jean-Jacques Dorio

HENDÉCASYLLABES DE NOVEMBRE

Musíca Maestros
Messiaen et Frescobaldi
Varèse et Sydney Bechet
Echoes de Ravel
et des Pinck Floyd
Première mésange du jardin
lento assai cantante

 

HENDÉCASYLLABES DE DECEMBRE

Ariettes et Miroirs
Ensilage des rimes
graines et issues
Ni ego Ni monde béni oui-oui
Noèses et anamnèses
De l'an 2012
On souffle la bougie
à travers le boitillement si neuf du vers de onze syllabes*
*Jean-Pierre Richard (Pêle-mêle)

 Rouge gorge de la toussaint sur le frêle
grenadier : passe passe mon pierrot.
Olivier Messiaen joue Turangalîla :
presque lent, rêveur. Triolets, triples croches.

Bois flottés, pelotes de posidonies :
Ah! vous dirais-je la plage désertée,
Assis en tailleur sans idées, sans hâte,
Au petit bonheur des valses et des spondées,
du chocolat, des chamans et des chats maigres.
À la première mésange du jardin,
À la lectrice de la modification,

À Frescobaldi : caprici e fiori.
Poème électronique : c'est du Varèse
qui nous rend sirène des flics newyorkais,
sons de cloches d'église, bruits de machine
et de la vieille t.s.f à l'œil vert.
Les oreilles fumées repoussent toujours.
Echoes des Pinck Floyd et chansons sépharades

du XVIème siècle : yo me enamoré
del aire S'énamourer de l'air, du vent,
d'une fugue lento assai cantante.
De Staël rend hommage à Sydney Béchet :
du jazz croisé d'aplats lissés au couteau.
La pluie noie le paysage provençal,
Ravel dieu fluvial compose ses jeux d'eau.

Sur l'aire ancienne et sur la page nouvelle
Où l'on sépare le blé dur de l'ivraie,
Sur les chemins que l'on ouvre chaque jour,
Terre, ciel, fils du réseau : de la musique
avant toute chose, peinture et poésie.

Au gré de mes lectures Ô gué Ô gué
Pêle-mêle et compagnie Un chant d'oiseau

Ariettes oubliées de mots et motets
Mais aussi des lueurs : rossignol, rousseurs,
Quelques notes de nuit comme des préludes
Pizzicato et glissando Le pouvoir
de chanter hors de soi en silence.    Ensilage
des rimes, graines, issues, accords inouïs :
Miroirs de Ravel sur la mare gelée

des réminiscences. Dans la cour de l'école,
le jeu de barre, de loin mon préféré.
Dans l'arbre à mots, le bras armé des artistes :
formes et corps, fibres et sèves, abécé
daires. Leurs doigts de menthe et de paraboles
donnent le désir de respirer encore
- malgré les massacres de 14 etc -

Un pas de côté l'élan poétique tic
Un pas de samba sur une note seule :
vaï vaï vaï vaï vaï les pas se ferment et s'ouvrent.
La craie dessine des colombes fuyant
de tous les musées. Nous sommes des saisons :
le printemps, l'été, automne de la vie
et pour l'hiver, on verra bien, dernière ode

à la joie, ou soleil noir des anamnèses.
Mais en attendant et pour continuer,
Ni ego -niego, je nie – Ni monde béni-
oui-oui, Ni les mots de l'art pour l'art, mais bien
quelques accords de blanc pour finir en douce
l'an deux mille douze, avec l'Araignée
qui crache et ravale les fils du poème.

Rideau sur l'année des hendécasyllabes.


HENDÉCASYLLABES DE SEPTEMBRE

Dans le palais de la double hache
On lance toujours nos dés
Pour Combler ce que Nature ne peut terminer
Folies françoises
Couleurs clavecins de François Couperin
Lisez et relisez
les yeux fermés

HENDÉCASYLLABES D'OCTOBRE

Au clair d'octobre
Grenades ouvertes
et chanson de métier occitane
Au clair des traces
de l'escargot Prévert
et de l'utilité poétique
de Michel Butor
Pauvre sens et riches mémoires
sur nos lèvres de vivants

C'est la cloche qui sonne la rentrée des classes
À La Bastide de Besplas en Ariège.

Je dessine des labyrinthes Blanc sur Noir
Souffles coagulés Se perdre se re-
trouver Jeux dans le palais de la double hache.
L'art incertain mais serein Une manière
« de combler ce que la Nature ne peut
terminer »  Lisez bien et fermez les yeux
Imaginez Laissez agir votre Esprit.

Mes dés ce soir se dérobent sur la page
Roulant A noir E blanc voyelles perdues
Accueillant l'informe et l'inconnu, l'éclair,
le fugitif, l'inachevé, les miettes
des heures de l'horloge à chiffres violets.
Mais aussi le geste inconnu dans le calme.
Violoniste, pianiste, peintre, poète.

Travaux modestes des doigts, de l'œil, du corps,
mille fois répétés et mis à distance :
Rien de ce que j'écris ne me satisfait.
Jardins errants dit Jean-Clarence Lambert,
traducteur d'Octavio Paz, vouant sa vie
à la Belle Endormie dans le laborinthe
des poèmes et de ses acteurs d'antan :

Bachelard et Breton, Caillois et Tardieu...
Les Folies françoises ou les dominos
Couleurs des sons et des affects de François
Couperin : virginité, pudeur, ardeur,
espérance, fidélité, coquèt'rie.
Dominos roses, incarnats, verts, gris de lin,
gris de maure, violet, pourpres, feuilles mortes.

« Au clair d'octobre » Jacqueline Saint-Jean
Lumière qui aimante la limaille humaine
De Dürer le portrait de Maximilien
Empereur Pottentissimus Maximus
Mais tenant en guise de globe terrestre
Une grenade entrouverte et qui saigne
Un mot : Oui mais lequel ? Ils passent là-bas

Nuages qu'il faut flécher en bas d'écran
Aujourd'hui c'est chaman Odyssée Phénix
C'est la magie des ricochets du galet
du temps qui joue C'est l'enfant de la rivière
et des feux de la Saint-Jean Quan lé bouié
ben de laura planto son aguilhado
Vieille chanson du jeune temps occitan

Sillon de mer On relie nos archipels
Là-bas dans les Pyrénées  Mémoire heureuse
Bigarrures chatoiements sur l'écran blanc
Tracas oubliés dans les rets d'un poème
Butor Michel Prince des annotations
Colibri dessine des yeux blancs des rhombes
Escargot d'octobre Prévert et ses cornes

La mer agitée du bon lait pour les roches
Gerbe de nuit faucille d'or trop facile
Passer passereau passe-temps pauvre sens
et pauvre mémoire L'amour n'est pas morte
Sérénité des sons sources dans l'oreille
de la nuit Champ pour chant pour les anonymes
À l'à peu près d'une ligne dont on rit
Sans rimes ni raisons ni romances sans
paroles Sous les fleurs de Toussaint la voix
des trépassés sur les lèvres des vivants


LES  HENDÉCASYLLABES DE JUILLET

Voir l'invisible Vivre au paradis
Envoyer le rapport d'erreurs
Naïf ? Sûrement
Natif aussi
Acteur Personne Per Sonare

 

HENDÉCASYLABES DE L'AOÛT

Amalgames
Je fais mes gammes
Bateaux-bouches d'Hundertwasser
Les pinceaux de la Chine
et pièces miroir
d'André Boucourechliev
¡ manteca !

Petite pluie continue premier juillet

Lectures : Voir l'invisible Kandinsky
Les mots du ciel Daniel Kunth un astronome
La promenade sous les arbres Philippe
Jaccottet Puis aussi j'écoute Mingus
Vivre au paradis au moins une minute
Aujourd'hui le ciel bleu nuancé d'orangé
l'abricotier plein comme un œuf deux cigales

le hamac sous les arbres un livre d'art
entouré d'êtres chers L'Autre la foutaise
des croyants Vivre au paradis imparfait
éprouvé partage des heureux mortels
Envoyer le rapport d'erreurs dit l'Ordi
Feu d'artifice sous le pont d'Avignon
Et dans la ville théâtre-confusion

Joiseaux Poètes chantent aussi On l'oublie
trop On se moque des cigales depuis
l'imbécile fable À l'instant j'écoute
l'insecte hémiptère sur fond de mistral
Part invisible de nous-même ravie
Naïf ? Sûrement Natif aussi Hors temps
Per camins un veire de vin a la man

du vigneron-poète Joan-Pau Creissac
Les petits poèmes de l'été écrits
sur le journal Autant d'actions dérisoires
mais qui tressent la promenade des mots nés
affichant leurs secrets Quand dire c'est faire
Entouré ce matin d'Antoni Tàpies
d'Austin et du catalogue festival

off d'Avignon Acteur : visage façade
personne dans le masque per sonare...

Enfants qui jouent la nuit Cris du premier août
Enfant qui refait un dessin de Miró
Chemin faisant : azur caban catalan
Altaïr – je fais mes gammes – amalgames
Trompette coudée de Dizzy ¡ manteca !

Le monde tel qu'il est si on savait le voir :
visages-continents arbres-vivants
bateaux-bouches portes ouvertes sur l'im-
prévu Hundertwasser peint ses paradis
En son œil l'œuf de la création et la poule
picorant ses cimaises Dalaï-lama en fuite
ou La fin du petit roi en pleurs

La Syrie est un lac de sang on l'oublie
pour les médaillés d'or des jeux olympiques
Matin des yeux Sortie de ce cauchemar
où l'outrance du noir éclaire l'Esprit
Apprenti calligraphe à la manière
de Mi Fu Luji Bao Shichen mon pinceau
est un feutre à pointe fine qui tisonne

jour et nuit dans le murmure d'Orion
Poésie et musique réseaux de signes
Miroirs Amers Archipels Orion et Trhène
Titres des pièces d'André Boucourechliev
Avec sur le site du compositeur
une partition dessinant le Cosmos
Travailler sans cesse lentement vraiment

Mais quand on improvise c'est vite choisir/
refuser Marquant le passage du temps
sur un Steinway & Sons do sisol lami
Un rêve de tam-tam couleur d'aquarelle
Cristaux surréalistes Plumes mordorées


LES  HENDÉCASYLLABES DE MAI

PLACE DE LA BASTILLE VICTOIRE RENOUÉE

Platero l'âne poète
Hollande à l'Élysée
Brauquier : anonyme de l'infini
L'art pauvre et modeste : ostinato rigore

LES  HENDÉCASYLLABES DE JUIN

JUIN JE RECOPIE JUIN SUR LA PAGE

Hélène Dorion Borges Astor Piazzola
Léo Ferré Philippe Jaccottet
Bernard et Barbara Dugrip
Réelles Présences

Conversation avec le papier rayé
de l'agenda : fragments et futilités.
Sous les pas de Platero, l'âne poète,
des mots d'azur, de sable, des mots dorés.
Pour le six mai, Salut et Fraternité,
Libre de Corps et d'Esprit, je vote Hollande.

Place de la Bastille, victoire renouée
avec les fils ténus de la République.
C'est le temps des cerises, l'espoir luit comme un
brin de paille dans l'étable.* Au palais
de l'Elysée, un président exigeant :
Justice égalité, debout citoyens :
Soyez heureux et fiers, soyez généreux.

À Saint-Mitre-les-Remparts nous sommes reçus
dans la maison de Louis Brauquier : escale
où bruissent les bateaux sortant du Vieux Port
pour courir le monde, écrits patients
d'un homme des Messageries Maritimes.
Il écrit de Shangaï, Nouméa, Ceylan.
Il écrit aux amis, Audisio, Ballard.

Il met en vers ses nostalgiques méandres :
Milliards de créateurs péris aux nuits des temps
Chacun témoin muet de l'incompréhensible**
Et tous devant les fleurs du feu, dans le noir,
croisant les anonymes de l'Infini,
Bateleurs et beaux bailleurs de balivernes.
Sous la conduite de l'art pauvre et modeste

J'avance par petites touches et la ligne
se fait, s'écrit, se concrétise, attise
le désir vif : ostinato rigore.
(un blanc 31 mai premier bain de mer)

*     Verlaine
**   Brauquier

Juin je recopie juin sur la page
où je nage sans fin sal gorda aux lèvres
Haleine rime avec baleine et alors

demande le loup des arbres et alors ?
Je tire sur les quatre fils du poème :
le jeu avec la langue le je du sujet
-soi-même comme un autre - la pensée du monde
Ma presque homonyme Hélène Dorion
Nous ouvre ses cœurs comme livres d'amour
Hamac : laissez-aller dans l'inconscient

Plein d'abricots cette année  culs d'ange orangés
Et sous l'arbre généreux mon hamac brasille
Traduit de l'oubli : une histoire ici
écrite en aveugle Cette nuit de juin
sous l'influence de Borges et d'Astor
Douze violoncelles tissent milonga
del angel  Mes vers se brisent sur Babel

Si tu t'en vas Vingt ans Monsieur mon passé :
le web m'offre Ferré le meilleur et le pire
Le cabotin sans musiciens le génie
des très grands textes la mémoire et la mer
et ses chansons ciselées du music hall
Au cœur du réel déployer nos facettes
Se confronter aux œuvres d'art c'est le pied

S'oublier s'y fondre Si les fleurs n'étaient
que belles...Dans la rue du Puits Neuf rencontre
avec Philippe Jaccottet brefs sourires
éclairant nos jardins imparfaits Réelles
présences Comme celles de nos amis
de Millau Souffle-Énergie Tai Ji Merci


LES  HENDÉCASYLLABES DE MARS

MARS S'OUVRE SUR DES DEUILS ET LES RÊVES DE FREUD

Masque Grebo modernité
Sphinx de papier
Antonio Tabucchi rejoint le Livre de l'Intranquillité
Nostalgies du présent Sur la passe des ans
Le faucon crécerelle
Pour nous renouveler

LES  HENDÉCASYLLABES D'AVRIL

GLOSES D'AVRIL

Pachamama
petite mère Nature menacée
Politique
histrion qui déchire la République
Poésie
descendant l'escalier sans marches
de l'or du temps

Mars s'ouvre sur des deuils et les rêves de Freud :
« l'injection faite à Irma » Ô la la !
Modernité : masque Grebo, demoiselles
du bordel d'Avignon, le braque et le pi

Casso. Chemins de boue, ailes dans l'azur.
Je ne suis pas hanté par le Sphinx d'Œdipe
et le dévoilement manifeste/latent.
Et s'il n'a plus de cul, comment le monarque
républicain, peut-il rester sur son trône ?
L'œil suit les chemins des petites idoles
Statuettes des bois, Bamana Mali,

Yoruba Nigeria, figure de Klee.
D'un lieu en un autre, des lèvres aux livres.
D'une vague à l'autre, les yeux sur la mer.
C'est ma fille au balcon surplombant la passe
du Fort de Bouc. On voit aussi le complexe
chimicopétrolier, sur la Côte Bleue.
Grues et ponts jetés sur le port de Caronte

Comme ébauches d'oiseaux qui gavent d'or noir
pétroliers, méthaniers, chimiquiers. Oh Yeah !
Je racle les vieux fonds de tiroirs : poèmes
jetés en vrac sur des papiers, nostalgie
du présent, sang d'encre, humour de potlatch...
Les poètes n'ont pas de biographie
Je l'écris l'an soixante-sept de mon âge

Songeant au destin d'Antonio Tabucchi
Venu changer sa vie ce dimanche à Lisbonne
pour celle du dernier hétéronyme
de Fernando Nogueira Pessoa
Passage des brebis Couleur terre Crau
Le faucon crécerelle criaille l'avril

Temple désaffecté Nature se meurt

L'homme ivre de puissance détruit notre Terre
Pachamama petite mère andine
Planète bleue du ciel et des océans
Un temps pour déchirer et un temps pour coudre
Avril : poisson mangé à la vinaigrette
L'Histrion vaniteux chef très éphémère
Va être chassé de l'Elysée : chouette !

Ballade d'Archie Scheep sous un un baobab
Banquette des posidonies à Sausset-
les- Pins Tout alors se répond les idées
et les sons qui multiplient nos sens Les mots
débordant cette vie : bone amour leal
amie Je tiens ici registre de mes
fantaisies Porte bénie des insomnies

La Poésie descend l'escalier sans marches
La poésie des petits carnets du Livre
de Sable J'y note : Cris des martinets
Relever les casiers de l'inspiration
plongés dans l'étang de Berre et l'or du temps
J'y note les essais les brouillons les esquisses
qu'il faut moudre et pétrir Excusez du peu

En secret entre deux pages de nos vies
Sur la margelle où nous buvons la complainte
de terre et d'eau Grattant du doigt la résine
des figuiers Les copeaux qui font les poèmes
Sur la page d'écume où la vague mur
mure Parmi le cynoglosse des dunes
E la nave va  Gloses d'avril finissent

Sur l'espoir d'un mois de mai des Renaissances


LES  HENDÉCASYLLABES DE JANVIER

De l'hendécasyllabe et de la retraite de Montaigne.
Et pour cela préfère l'Impair.
Sur l'agenda de Janvier, Correspondances avec le Système du Vivant
et le jardinier des vers.
Carapace de Tortue et mouvement du Cosmos :
La Rhétorique toujours vivace de l'émotion.

 

Un parler ouvert ouvre un autre parler
Comme le fait le vin et l'amour.
Montaigne

LES HENDÉCASYLLABES DE FÉVRIER

Vladimir et Estragon
et les carrières d'ocre de Roussillon
Le froid la crise des vers de la démocratie
Et la Poésie
entre par la porte dérobée
des calligraphes chinois
Dans le noir qui éclaire l'Esprit
Il faudra creuser tout cela

 

 

Ce lieu tranquille où la vie entre les lignes

Passe sur un papier muet qui attend
L'image inattendue ou la citation
Ouvertes sur la musique de nos livres.
Je réveille le vieil hendécasyllabe
Qui ne sait désormais sur quel pied danser.
Subsister, persister : faire sûrement
Sa retraite. Savoir être à soi dit

Montaigne. Dénouer : règles pour l'Esprit
Ouvertes au fortuit, au hasard du vers :
Poésie pour cela préférant l'Impair.
L'écart, la retenue, le disponible :
Pour déplacer les mots, ouvrir sa pensée.
Droit au mot qui se tord, qui taraude l'être
Un soir d'hiver perdu dans l'imaginaire

D'une pièce-bureau, atelier, espace
Où l'on oublie ce petit-moi-marmonnant.
Ni sujet, ni objet, ni je : tout est jeu.
Je monte l'agenda, comme le bateau ivre
Des correspondances. Parcours singulier,
Errances tranquilles dans le labyrinthe.
Pouvoir créer du sens nouveau : va-et-vient

De la vie, de la voix et de l'art, aléas.
Du système vivant - déconstructions
Et ordonnancements – naît l'imprévisible.
C'est un bon jardinier qui jette les fleurs
Inutiles des vers, à la corbeille.
Ses roses défraîchies, ses idées moisies.
Sur la carapace, je suis le dessin

De la tortue, le mouvement du cosmos
Aussi. La rhétorique de l'émotion.

En attendant Godot : Didi et Gogo
Vous n'avez pas fini de m'empoisonner
Avec ces histoires de temps? Non pas!
Des vers de troubadour, autour du visage,
Sur la page du sphinx, le feu d'artifice,

L'ouvre-boîte du rêve en plein midi.
Ça commence mal ce mois de février
Ça doit être le froid la crise le gel
de la démocratie. Mais la Poésie?
La vivacité l'alegría le signe
lâché jeté sans penser au comment ni
au pourquoi : préceptes des lettrés chinois.

Je suis Su Shi Mi Fu Liu Yong Chen Honysou...
Mais le pinceau est devenu pointe noire
d'un feutre qui me fait entrer sur la page
par une porte dérobée. Brosser les mots
les signes et les traces souffles et vigies
sans repentirs Il faudra creuser tout ça.
En écrivant la nuit cris vents se mêlent

Je rêve de l'Utopie soixante-huit
L'élan la joie l'esprit agissant frater
nisant la présence du désir : l'Ethique.
En attendant le printemps deux mille douze
L'œuvre ouverte : participez vivez l'art
indéfini inachevé éphémère.
Mouvantes émouvantes sources Traits et traces

À prolonger Voir intérioriser
D'où il suit que nous désirons pour chacun
une bonne gouverne et l'amour des Justes.

 


2011